La vengeance.
Un sentiment né de la rancœur que tout le monde a déjà du ressentir, au moins une fois, dans sa vie.
Que ce soit en représailles face à une injustice, pallier à une douleur ressentie, remettre en jeu le résultat d’une compétition, provoquer une rétorsion face à une déplaisante plaisanterie, porter le talion à la hauteur de sa colère envers ce qui la provoque, …
En général, la pertinence de la vengeance varie selon la réflexion de chacun. Une telle quête intéresse principalement les premiers concernés, entourés des curieux, des gens prenant cela pour un divertissement et les quelques se retrouvant, sans le vouloir, impliqués.
Pour information, Vendetta, de son titre original « Vendetta: A Story of One Forgotten », est le deuxième roman de Marie Corelli, aussi appelée « Mary McKay ». Il fut publié pour la première fois en 1886 fut considéré comme l’un des premiers best-sellers de l'histoire de l'édition.
Cela étant dit, penchons-nous sur le livre.
L’histoire nous est narrée par son protagoniste, Fabio Romani, comte napolitain au bon cœur. Il menait autrefois une vie de bonheur béa avec son meilleur ami Guido Ferrari et celle qu’il épousa, la belle et douce Nina. C’est alors qu’il fut frappé, comme des milliers d’autres, par le choléra en cherchant à sauver un enfant mais, après des heures de souffrance, il quitta sa torpeur dans un cercueil de fortune au sein de son caveau familial.
Heureux d’avoir échappé à la mort, trouvant également un trésor colossal, il se prépare au bonheur suprême de retrouver ses proches. C’est alors que la vérité le frappe de plein fouet, découvrant la relation que son ami et sa femme entretenaient depuis longtemps déjà.
Poignardé par la trahison, il disparaît dans l’ombre afin de consacrer sa vie à la vengeance.
L’expression dit que « La vengeance est un plat qui se mange froid. » et celui-ci ne fait pas exception.
Fabio, notre narrateur et protagoniste, va en effet minutieusement préparer la destruction de ce qui cause sa rancœur et chacun de ses éléments nous seront rapportés. Certains seront rapidement évoqués à titre informatif, d’autres nous faisant vivre directement leur préparation.
En cela, notre comte défunt va se créer une nouvelle identité et monter toute une opération sur plusieurs années, nous faisant languir au fil des presque quatre cents pages du dénouement que nous attendons avec impatience et appréhension, tout en nous partageant également ses réflexions inspirées de sa situation… sur lesquels il serait bon de revenir.
*
Pour parler plus en détail de l’histoire, j'en dévoiler davantage, je vous renvois à ce lien : https://black-word.over-blog.com/2025/01/marie-corelli-vendetta.html
*
Sans trop en dire davantage, j’ai trouvé certains des personnages secondaires bien plus attachant que le principal.
L’histoire, malgré toutes les réflexions philosophiques, démontre bien que la vengeance exige toujours un lourd prix à payer, pour laquelle notre Fabio se ruinera de fortune et d’âme.
J’aimerais d’ailleurs revenir sur ces quelques réflexions que notre narrateur nous partage durant l’histoire.
Bien qu’écrit par une autoresse anglaise, celles-ci s’avèrent souvent négative à l’égard de la gent féminine.
La publication de ce livre remontant à 1886. Autant dire qu’il convient, pour en juger, de faire l’effort de remettre ces propos dans son époque. Je connais personnellement trop peu ces années pour y apporter une réflexion complète et parfaite mais, si ses pensées sont les reflets de cette période du monde, il y a lieu de s’en faire une certaine idée, malgré tout très incomplète.
La seule question que je me pose vraiment, en définitif, se résume à : De qui viennent ces réflexions ? Du personnage Fabio Romani ? Ou bien sa créatrice Marie Corelli ?
Pour l’exemple : La première m’est apparu à la page 94. Fabio, quittant Naples, observe un couple et se prend de pitié pour l’anglais, se disant qu’il est originaire d’une terre de vertu mais que, de leur côté, peu de choses différencies les femmes des différentes nations.
Entant donné que le personnage est italien et que nous n’avons aucun renseignement sur ses connaissances britanniques, je me suis demandé si cette opinion sur les hommes anglais ne venait pas de l’autoresse, elle-même anglaise.
En second exemple : Page 96, il est question du divorce et du fait que, bien que débarrassé de sa femme infidèle, cela n’est pas rendre justice au préjudice porté à l’honneur de l’homme. Tandis que, pour la femme, elle se voit ainsi libérée sans disgrâce. Ainsi, il est écrit que « Si la flagellation en public était la sanction pratiquée pour l’infidélité d’une épouse, rares seraient les scandales de ce genre - et le divorce succéderait aux coups de fouet. Une créature féminine bien élevée y réfléchirait à deux fois - ou même à cinquante fois - avant de courir le risque d’exposer son corps fragile à des fouets manipulés par les mains impitoyables de deux individus du même sexe qu’elle. »
Ma première idée fut que Fabio avait la une pensée motivée par le sentiment de trahison. Mais un doute me vint avec l’avant-propos écrit par Élisabeth Segard.
Elle nous raconte ainsi que l’autoresse Mary McKay (que l’on désigna par la suite « autrice ») était la fille illégitime d’un auteur écossait, un statut particulièrement honteux à l’époque. Elle décida alors de devenir Marie Conelli, descendante d’un compositeur vénitien.
Rejetant le féminisme, affirmant que les femmes s’abaisseraient au niveau des hommes, elle reste pourtant célibataire, vivant toute sa vie avec une femme, gérant seule maison et carrière.
Elle fonda un cercle féminin de chasse et lutta contre les intellectuels et politiciens sexistes, stigmatisant également le divorce.
Fabio Romani ? Marie Corelli ? Les deux ?
Probablement. Mais je vous laisse en juger vous-même.
Vous recommandant de lire la préface du livre ou Marie Corelli s’exprime d’elle-même sur la vengeance vis-à-vis de la tromperie.
Je passe rapidement sur l’écriture, qui m’a semblé très fonctionnelle, décrivant parfaitement les événements ainsi que les sentiments de notre narrateur. Avec également des étendues légèrement plus poétique à certains moments.
Au final, est-ce que je vous recommande ce livre ?
Je vous dirais que l’histoire m’a bien plus sans m’emporter totalement. Ce fut une belle et dramatique aventure que j’ai pris plaisir à suivre, mais qui ne m’a pas impacté pour autant.
Si vous pensez qu’une telle histoire peut vous plaire, essayez donc.