Vortex
6.8
Vortex

livre de Robert Charles Wilson (2011)

Ultime de la trilogie des Hypothétiques, Vortex est construit comme une fugue à deux voix - une « invention », plutôt - dont l’ancrage initial est cette période de l’histoire de la terre où l’injection massive d’énergie fossile de deux mondes sur la planète est bien partie pour la rendre la invivable. Comme toujours, on suit des personnages (un peu trop) attachants dans les affres d’une situation créée on ne sait pourquoi par une puissance extra-terrestre d’ampleur galactique dont les mobiles sont tout sauf clairs. Si le rythme est d’abord plutôt bien géré dans ses oscillations entre un présent en lent délitement et ce qui se présente comme une fiction rédigée malgré lui par l’un des protagonistes (mais faisant intervenir des personnages rencontrés dans Axis - ce qui met le lecteur en posture de supériorité informationnelle au regard de l’univers diégétique), je m’en suis un peu lassé de la répétitivité. Cela dit, les péripéties conservent l’attention, et l’esquisse (légère mais réelle) d’une psychosociologie de l’Amérique post-Spin a son intérêt. Elle est rendue possible par des personnages assez emblématiques, quoique sans réelle profondeur (mais je n’ai que rarement trouvé profonds les personnages qui ne se définissent que par ce qu’ils font/décident ou par ce qu’ils ont fait ou subi) : la femme médecin ayant envie de changer de vie et que sa conscience professionnelle fait basculer du côté obscur (où sont les cookies), le flic indépendant au grand cœur, le paumé objet de forces qu’il ne maîtrise pas, plus quelques personnages secondaires plus ou moins banals ou pourris incarnant la normativité contre laquelle les premiers se (dé)battent.

Et si je trouve fort maladroite l’intervention (néanmoins bien amenée) d’un deus ex machina pour donner son sens à la trilogie dans l’ultime chapitre du bouquin, je dois avouer que les profondeurs physiques et métaphysiques (au sens anglo-américain d’une ontologie réaliste embrassant l’intégralité du réel identifié à ce qui est) des révélations déployées sur des profondeurs spatio-temporelles que l’analogie seule permet d’envisager, ont quelque chose d’enthousiasmant, d’autant qu’elles sont consistantes avec l’ensemble de la trilogie dont elles referment les questions ouvertes avec Spin ; le sens est sauf ! En terme de construction, c’est maladroit, bien sûr, tant le procédé est hétérogène à tout le reste de l’œuvre, où les découvertes sont lentes et partielles ou encore le fait que les personnages (un médecin et un flic, rappelons) semblent n’avoir pas de problème à saisir les mécanismes hautement complexes mis en jeu dans ce que sont et font les hypothétiques (évolution naturelle, manipulation d’espace-temps, etc.) Mais bon… j’ai un faible pour les architectures vastes, et celle-là est à me couper le souffle. Construction et style restent suffisamment agréables pour que le plaisir ne m’en soit pas gâché.

Kliban
8
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le 14 août 2022

Critique lue 34 fois

Kliban

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