<span>Certaines tours semblaient vouées à s’écrouler. Dans Yesteryear, Caro Claire Burke retrace l’ascension puis la déchéance d’une influenceuse tradwife, mystérieusement retombée aux temps des pionniers au moment où la démission de sa productrice faisait vaciller son empire.</span>

<span>Le roman a des airs de dissection. Écrit du point de vue de l’antihéroïne, Natalie Heller Mills, Yesteryear offre un décryptage tout en finesse et en satire du mouvement antiféministe. En s’appuyant sur le flux de pensée du personnage principal, Caro Claire Burke laisse se déployer le discours réactionnaire et misogyne pour qu’il puisse mieux s’effondrer dans son incohérence.</span>

<span>L’hypocrisie de Natalie Heller Mills, chantre d’une idéologie toxique y compris pour elle-même, est exposée page après page, à mesure que l’influenceuse se perd en circonvolutions et en contradictions pour justifier l’injustifiable et tenter de donner du sens à sa vie qui n’en a pas. Les craquages de cette héroïne bigote toujours au bord de la crise de nerfs sont indéniablement comiques, mais le livre donne aussi le tournis à mesure qu’il se fait plus sombre et entêtant.</span>

<span>L’autrice semble d’ailleurs en perdre un peu le contrôle dans les derniers chapitres, construits à coups de grandes ellipses et qu’on aurait aimés voir plus développés. Le tout vaut quand même le détour : Yesteryear n’a pas volé son succès de librairie outre-Atlantique et il s’impose comme une lecture nécessaire, en cette époque fascisante où le passéisme a le vent en poupe.</span>

khulturama
7
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le 7 sept. 2026

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