La haine de Costello pour Thatcher ainsi que pour la famille royale mériterait de rester légendaire, et il a parsemé ses albums de pamphlets virulents contre la Dame de Fer et contre la Reine. « Pills and Soap », parue à l’origine sous le pseudonyme de « The Imposter » fut l’un des plus gros succès commerciaux de Costello, tout en étant l’une de ses chansons les plus paradoxales, ce que l’on peut qualifier de véritable triomphe de son savoir-faire : une mélodie pop accrocheuse, fondamentalement pervertie par le phrasé menaçant et malsain de Costello et l’orgue dérangée de Steve Nieve, une déclaration politique intense dissimulée derrière les images fracassées d’un véritable cauchemar. Soit la parfaite mise en musique d’une société disfonctionnelle.