Le vent souffle sur la brise. J’entraperçois au loin une jeune femme marchant sur la glace. Seule, les cheveux noirs, de grands yeux légèrement plissés par le froid l’emmitouflant dans ses longs bras blancs. Le souffle chaud dégageant une douce fumée de ses lèvres fines. Marchant à la recherche de cet amour ultime. Autour d’elle, le néant. Seuls quelques voyageurs de passage de leurs pas lourds et graves lui demandent par moment leur chemin. Elle leur indique alors la route à prendre de sa voix rassurante et mélancolique. Chacun reste à l’écouter le temps d’une musique les transportant dans un autre espace temps. Elle leur fredonne les mots justes, apaisants. Puis ils disparaissent derrière cette nappe d’une blancheur infinie. Revient auprès d’elle alors ce bruit sourd pour seule compagnie. En vain, elle essaie de le décrypter du bout de ses doigts glacés. Seules quelques notes en ressortent toujours les mêmes par moment remplies d’espoir par d’autres retombant entachées par la neige assourdissante. Sa peau avec le temps prend cette couleur immaculée, innocente, limpide. Tellement fluide, que son corps se dilue au fur et à mesure, se noyant dans cet antarctique décor. Elle aimerait qu’on la voit telle qu’elle est. Mais l’homme est aveuglé. Il entend par moment son chant au loin. Il essaie de la retrouver. Mais sa peur du vide qui l’entoure l’en empêche. La glace autour d’elle se fissure. Elle se laisse alors transportée par le vent fredonnant ce chant éternel, rejoignant ses amies hybrides du monde d’Hadès...