"Antisocial" de Trust, c’est la quintessence de la rébellion en carton.
La musique : Du sous-AC/DC commandé sur Wish, joué avec la délicatesse d'un tractopelle. Efficace, certes, mais musicalement aussi complexe qu'une sonnette de porte.
Le texte : De la poésie de comptoir pour adolescent en pleine crise d'ego (« Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale »). Ça se veut une critique féroce de la société, mais ça a surtout la profondeur d'une dissertation d'un lycéen qui vient de découvrir le mot "capitalisme".
La posture : Une indignation de façade. Cracher sur l'aliénation du travail et le "métro-boulot-dodo" a surtout permis au groupe de s'en mettre plein les poches grâce au système qu'ils dénonçaient.
L'héritage : Vendu comme le cri de ralliement de la jeunesse prolétaire en 1980, c'est ironiquement devenu l'hymne officiel des fins de soirées beaufs et des cadres sup' qui desserrent leur cravate au karaoké d'entreprise.
En résumé, c'est l'anticonformisme vendu en tête de gondole au supermarché.