Comme une sœur
7.2
Comme une sœur

Morceau de Georges Brassens (2003)

Chanson d'amour enjoué comme souvent avec Brassens où le parcours est souvent difficile et le résultat pas gagné d'avance. Dans "Marinette", Brassens court mais a toujours un "vélo de retard". Dans "Gastibelza", la femme est inaccessible au petit berger.

Ici, Brassens essaie de ruser ; la belle (Elle) se baigne et on ne voit que la tête qui ressemble à une tête de poupée détachée du corps. Donc s'il plonge pour aller croquer le petit pied menu, ce n'est pas pour de vrai. Sauf qu'Elle n'est pas dupe. Sauf qu'il faut que le poète narrateur, Brassens, fasse sembler de se noyer pour attirer la compassion d'Elle. Le marivaudage semble porter ses fruits. Mais le lendemain, tous ces efforts se révéleront inutiles puis qu'Elle ne lui sera pas destinée.

J'aime beaucoup la construction et le rythme de la chanson sur une tonalité apaisée. Et puis ces répétitions avec les jeux de sonorités, les jeux sur les mots entre "Je me déguise en cachalot" ou encore "Jamais requin n'a, j'en (réponds)", donnent une impression d'écho, de prolongement d'une rêverie, d'attente du véritable amour qui n'est pas dans le mariage avec un "riche mercanti".

https://www.youtube.com/watch?v=TUeATLai-dQ

Comme une sœur, tête coupée, tête coupée

Elle ressemblait à sa poupée, à sa poupée

Dans la rivière, elle est venue

Tremper un peu son pied menu, son pied menu

Par une ruse à ma façon, à ma façon

Je fais semblant d'être un poisson, d'être un poisson

Je me déguise en cachalot

Et je me couche au fond de l'eau, au fond de l'eau

J'ai le bonheur, grâce à ce biais, grâce à ce biais

De lui croquer un bout de pied, un bout de pied

Jamais requin n'a, j'en réponds

Jamais rien goûté d'aussi bon, rien d'aussi bon

Elle m'a puni de ce culot, de ce culot

En me tenant le bec dans l'eau, le bec dans l'eau

Et j'ai dû, pour l'apitoyer

Faire mine de me noyer, de me noyer

Convaincue de m'avoir occis, m'avoir occis

La voilà qui se radoucit, se radoucit

Et qui m'embrasse et qui me mord

Pour me ressusciter des morts, -citer des morts

Si c'est le sort qu'il faut subir, qu'il faut subir

À l'heure du dernier soupir, dernier soupir

Si, des noyés, tel est le lot

Je retourne me fiche à l'eau, me fiche à l'eau

Chez ses parents, le lendemain, le lendemain

J'ai couru demander sa main, demander sa main

Mais comme je n'avais rien dans

La mienne, on m'a crié "Va-t'en", crié "Va-t'en"

On l'a livrée aux appétits, aux appétits

D'une espèce de mercanti, de mercanti

Un vrai maroufle, un gros sac d'or

Plus vieux qu'Hérode et que Nestor, et que Nestor

Et depuis leurs noces j'attends, noces j'attends

Le cœur sur des charbons ardents, charbons ardents

Que la Faucheuse vienne cou-

-Per l'herbe aux pieds de ce grigou, de ce grigou

Quand elle sera veuve éplorée, veuve éplorée

Après l'avoir bien enterré, bien enterré

J'ai l'espérance qu'elle viendra

Faire sa niche entre mes bras, entre mes bras

JeanG55
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le 13 mai 2026

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