Une chanson faussement légère …
Si vous le savez comment je m'appelle
Vous me le direz, vous me le direz
Si vous le savez comment je m'appelle
Vous me le direz, je l'ai z'oublié
Vous me le direz, je l'ai z'oublié
À la première écoute, on est charmé par cette voix et cette tonalité qu'Anne Sylvestre nous livre avec ce qu'on pense être un sourire.
On aurait même presque l'impression qu'Anne Sylvestre danse et virevolte. Ah, tiens, c'est une chanson pour les enfants, peut-être ?
Et puis, quand même, il y a quelques mots qui détonnent un peu avec la légèreté du ton. Et à la deuxième écoute, on prête attention aux paroles. Et là, surprise, la chanson se dévoile amère et raconte l'itinéraire de la vie d'une femme, de sa prime jeunesse à l'âge adulte à travers les surnoms qui s'imposent au point qu'elle oublie son nom, devenu inutile. Les surnoms commencent par être mignons à l'âge bébé avant de virer méchants à l'école, pour devenir, à l'âge adulte, utilitaires, fonctionnels. Sans surprise, le vrai nom ne réapparait que sur la tombe mais pourquoi faire alors ?
Derrière le ton enjoué d'Anne Sylvestre, on ressent une grande tristesse. Faut-il donc comprendre que nous n'existons qu'à travers le regard des autres ?
https://www.youtube.com/watch?v=sn768CKJOZA