Crazy
7.4
Crazy

Morceau de Gnarls Barkley ()

Do you really think you're in control ?

Que reste t-il des années 2000 ? C'est un peu la décennie de la honte, non ? On m'a demandé ça ce weekend. Et vous savez quoi, trois titres me sont automatiquement venu à l'esprit : Crazy, Cry me a River, Hey Ya!. Alors si c'est la honte, je ne sais pas, faut dire, moi, quand tous ces trucs sont sorti, j'avais entre 13 et 17 ans, j'étais persuadé d'avoir trouvé l'unique voie du bon goût dans le metal et tous ses dérivés. C'était facile de dénigrer Cry Me A River, mais déjà un peu moins pour Hey Ya!. Je l'avais mis en sonnerie de portable en faisant passer ça pour du second degré.

Alors honte, sans doute. Moi, Crazy, j'en étais fou mais je l'écoutais en cachette. Parce que faut pas déconner c'est de la merde commerciale contrairement à Berzerker.

Crazy restera, sans nul doute. Parce qu'on aura beau se justifier, on l'aime ce foutu morceau. Ma copine adorait alors je la laissais le mettre pour lui faire plaisir mais au fond j'en étais dingue. Vous aurez beau vous raisonner tant que vous pourrez, vous aussi, vous en êtes dingue, et ce n'est pas votre 4/10 qui vous sauvera.

C'est un morceau libre et infini. Pas d'intro, pas de pont, pas de fade out. Juste cette bassline qui, de son groove nonchalant, vise directement les jambes pour les faire glisser dans les airs. Jamais on ne redescend car jamais rien ne s'arrête, le refrain, c'est la même chose soutenue par des violons histoire de faire frissonner le reste du corps. Tout est toujours similaire mais tout est différent, le refrain n'est jamais le même, les couplets toujours libres. Ne me faites pas croire que le "who-do-you-who-do-you-who-do-you-who-do-you-think-you-are" ne marche pas sur vous. N'ayez pas honte, ce n'est pas de votre faute, c'est la puissance du tube.

Une bassline, une voix, trois couplets, trois refrains, trois minutes. Danger Mouse pique la bassline d'un western et Cee Lo Green trouve le timbre qui fait mouche. Quoi de plus simple ?

Crazy, c'est la puissance de la simplicité, c'est le plaisir immédiat, sans doute coupable mais qui marchera toujours. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la seule réussite du film Kick Ass c'est les 30 secondes dans la caisse avec ce refrain en fond. Comme déterré d'un plaisir simple -mais grand- trop vite enterré.
moumoute
8
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le 19 sept. 2012

Modifiée

le 19 sept. 2012

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moumoute

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