La chanson romantique par excellence pour ma génération, celle qui a toujours trouvé l’extase devant les pavés brillant sous la pluie et les néons de la ville se reflétant dans les caniveaux que devant je ne sais quel paysage bucolique. Le sentiment étourdissant que tout est bien sûr possible dans la nuit où brillent les diamants trompeurs, alors que, au fond du cœur, on sait bien que tout est déjà joué. L’angoisse vertigineuse de sentir le corps de la femme aimée endormie dans la chambre sombre, alors que dehors enflent les bruits de la nuit. Ce qu’on appelait une chanson "définitive", dont la simplicité triviale valut bien – au moins pour quelques mois – la poésie la plus brillante de Robert Zimmerman. [Critique écrite en 1990]