Quelque part, dans les ruelles de Londres,
Assise au bord de la Tamise, je regarde dans le vide l’eau stagnante, immobile, avec pour seule compagnie, les immeubles de béton m’enveloppant, essayant de réchauffer mon coeur de pierre.
Mon ectoplasme grisâtre se métamorphosant sur chaque parcelle environnante.
L’écorce des branches de mon esprit se noyant à l’intérieur du bitume.
Je n’aime plus que ces barres de béton vitrés maintenant, dont la glace me réconforte reflétant la colère et la tristesse enfermées dans ces miroirs d’eau m’étouffant.
Tel un naufragé, je flotte dans cette ville enfermée dans mes propres choix continuant à souffrir. Le béton absorbant l’eau de mon espace vital.
Et pourtant, une petite voix intérieure me souffle de continuer à y croire, de trouver ce nouvel amour dégoulinant de mon âme. Mais je n’arrive pas à traverser ce pont me menant à lui. Mon arbre est sans vie, mes dernières feuilles s’envolant sur le sol. Au bout du pont, tout est flou. Je n’entraperçois que le feu m’attendant pour me brûler une nouvelle fois.
Je n’arrive à avoir aucun recul sur moi-même, préférant rester là où je suis.
Tout le monde me dit que je vais aller mieux mais je passe mon temps à abandonner.
Et toujours cette petite flamme intérieure enfouie au fond de moi que je tente d’éteindre définitivement mais qui résiste malgré tout et me répète inlassablement de trouver ce nouvel amour dégoulinant de mon âme.
Je tombe alors dans un comas éthylique.
Trou noir…
Lorsque j’entrouvre enfin les yeux, mes pupilles de verre ont retrouvé leurs couleurs verdissantes. Je respire enfin. Je sens le souffle de mon arbre de vie respirer de ses pleins poumons, un rayon de soleil m’éblouissant comme au premier jour…