À l’heure où les pendules
Sonnent la canicule,
Mines patibulaires
Se versent un tubulaire
De sirop grenadine.
Celui-ci se dandine
Alors vers sa convive
L’huile à base d’olives :
« Ma douceur les apaise
Et les met fort à l’aise.
Fleuve sur leurs papilles,
Leur vie est d’un tranquille !
Jamais ils ne se lassent
De ses suaves messes
Basses quand il fait chaud. »
Dans sa sauce pesto,
L’huile rigole et lance :
« Ce précédent jeudi,
Ils ont pourtant passé
Tout le soir à crier
Des mots assaisonnés
poisseux et courroucés !
- Je n’étais point présent
Dans ce vil paysage,
C’est pourquoi ce carnage !
Si j’avais été là,
Ils se seraient tout bas
Murmurés mots d’amour…
- Et cuits des petits fours ?
Imagine-toi vite
Qu’ils ont coupé des frites,
Que la hache a été
Rangée pour savourer
Ces patates salées.
Avec quelque soupçon
De ma tunique au ton
Amer et d’armistice,
Je suis très médiatrice ! »
Depuis son étagère,
Sanglote en plein hiver
Le sirop oublié :
« Pourquoi me délaisser
Pour cette huile grasse ?
Le gras n’a pas de grâce !
- Rien à boire, mon doux,
Dit l’huile sans tabou.
C’est ballot, le sirop
Tombe toujours à l’eau !
Tu sais, rien de mieux que
De l’huile sur le feu
Pour couler jours heureux ! »