Tout le monde est à la bonne place : Drake est solide au refrain et son verse (1er) tient la route, une jolie carte de visite. Kanye West paraît bien au 2e verse. Son intervention n'est pas à tout casser mais il profite du premier couplet d'un Drake encore hésitant comme faire-valoir. Bien qu'en déclin, Lil Wayne profite d'une légère variation du beat très efficace (simili-drop via une poignée de notes au piano) pour poser son verse (3e). En plein dans son style post-Carter III bizarre, Weezy est tout de même efficient sur Forever, éclipsant autant le couplet de Drake que celui de Kanye. Puis Eminem - chiche en apparitions à l'époque - débarque pour le dernier (4e) verse. Le rapper, alors en pleine transition, profite du titre pour tâter son nouveau flow, terriblement technique.
Forever est un single des plus compétant. Si chacun des artistes présents présentent des faiblesses (l'inexpérience pour Drake, l'apathie caractéristique de Kanye West lorsqu'il est hors de ses propres morceaux, la dégradation de Lil Wayne et le nouveau style d'Em pas encore tout à fait maîtrisé), ceux-ci sont utilisés à bon escient. Bien conscient de ces contraintes, le producteur Boi-1da fait son boulot. Il fait un crescendo du matériel donné des rappers et arrondie les angles pour profiter au maximum du flow de chacun d'eux, sans perdre le fil du beat.
Il n'y a rien d'extraordinaire sur Forever. Toutefois, le single tient debout et à l'écoute des quatre musiciens, on se dit qu'on a probablement là le meilleur qu'on pouvait tirer de leurs performances.