Frank Lowe – Fresh (1975)
« Fresh » est le troisième album de Frank Lowe paru en tant que leader, il date de soixante-quinze et demeure dans doute une des meilleures cuvées de cette année-là. L’album est paru sur « Arista-Freedom », il reste facile à trouver à un faible prix, dans sa livrée originale. C’est un album enregistré au Blue Rock Studios de New York City, seule la dernière piste se distingue des autres par ses dates et lieu d’enregistrement, mais aussi par ses intervenants.
Du beau monde ici, pour les amateurs de musiques dites plutôt « free », Franck Lowe est au sax ténor, Les frères Bowie sont également présents, Lester à la trompette et Joseph au trombone, le grand Abdul Wadud joue du violoncelle et Charles Bobo Shaw est à la batterie, remplacé par Steve Reid sur le titre d’ouverture « Epistrophy ».
Cette pièce n’est pas la seule de Monk, la face deux s’ouvre également avec une autre pièce du moine, « Mysterioso », les deux versions proposées sont énormes et assez vertigineuses, il semble qu’elles rivalisent d’originalité avec Monk lui-même, tant elles sont traversées de fulgurances, versant dans une sorte d’abstraction, particulièrement « Mysterioso », transfiguré, entre contemplation et lamentation.
Mais auparavant, sur la face A, les chevaux ont été lâchés sur le titre « Play Some Blues », pas vraiment blues mais très « rentre dedans », une des pièces de l’album les plus puissantes, où l’impact des forces rassemblées par ces souffleurs est assez dévastateur, comme un ouragan de passage… « Fresh » qui suit ne lâche pas l’affaire non plus…
La dernière pièce, « Chu’Blues » n’a absolument rien à voir avec les autres, elle arrive un peu comme une intruse, avec une qualité de son en retrait et jouée par des musiciens non identifiés sur l’album, c’est un morceau assez funky avec un orgue, ça donne envie de danser, de bouger, une « jam » plutôt sympa avec de chouettes solos qui s’enchaînent, ça date de soixante-quatorze et ça a été enregistré à Memphis. Bien sûr on reconnaît Frank Lowe et il est quasi certain qu’on lui doit cette surprise finale…