Avant d’entendre « Gino », sa putain et ses oiseaux, c’est-à-dire quand même la première chanson du premier disque des Têtes Raides que j’ai écoutée, je ricanais méchamment aux tentatives vaguement malodorantes de transposer l’univers de Brel dans le Rock : l’hyperréalisme blême et saisissant devenait irrémédiablement folklore rance, et tout le monde se couvrait de ridicule. Mais les Têtes Raides ont trouvé la parade : passer au surréalisme, qui transcende le misérabilisme « fifties » des images d’une France que l’on n’aime pas, et orchestrer le tout comme une razzia punk. Parce que 1977 a existé, et que la « street cred » n’est plus la même. Cette musique, poignante, a de l’avenir autant qu’un passé.