Une chanson de Brassens que le premier soleil printanier, les premières fleurs, l'herbe tendre émoustillent et poussent à l'aventure …
Pour cela, "il suffit de passer le pont" pour atteindre cet espace de liberté propice au bonheur. Et si on rajoute le printemps qui est là avec les fleurs, les bourgeons, les montées de sève partout, le passage du pont est une véritable invitation à se laisser guider par la nature … au Royaume des fleurettes … oui mais pas de n'importe lesquelles, des primevères qui, d'après les livres, sont les fleurs des premières amours.
J'en vois une blottie sous les feuilles
Elle est en velours comme tes joues
Fais le guet pendant qu'je la cueille
Je n'ai jamais aimé que vous
J'aime bien l'érotisme léger de cette strophe, plein de délicatesse pour cet instant unique dans une vie.
J'aime aussi comparer cette chanson avec "Dans l'eau de la claire fontaine". L'évènement décrit y est différent, bien entendu, puisque dans l'une, le pont est le passage vers un lieu de plaisir tandis que dans l'autre, la fontaine est un lieu naturel, mythologique, quasi un refuge.
Mais les deux chansons sont des chansons d'initiation où le libertinage partagé n'est jamais vulgaire mais au contraire empreint de beaucoup de poésie et de tendresse avec la complicité de Brassens.
On n'a plus rien à se cacher
On peut s'aimer comme bon nous semble
Et tant mieux si c'est un péché
Nous irons en enfer ensemble
https://www.youtube.com/watch?v=VaHvQx7onkE