A l’heure où le carillon
Annonce le réveillon,
Figure dissymétrique
Déverse de l’arsenic
Dans la coupe de champagne
De son hôte des montagnes.
Pétillant tout souriant
Accoste le catogan
D’un sucre d’orge asphyxié
Par le feu de cheminée :
“Ce soir, je suis plus mortel
Que la chère mortadelle !
La cause des fausses routes ?
Je n’en ai plus aucun doute.
Pas d’allèle qui protège…”
“Le nœud coulant dit “Abrège !”
Le crémant gaze et s’écrie :
“Donc restera-t-elle en vie ?
- Parallèle… me dis-tu ?
Suis-je sans gêne ou obtu ?
A la louche l’antidote,
c’est peut-être la tremblote.
- Bonne idée, tomber par terre
Quand ils sortent prendre l’air !
Mais qui suis-je ? Le breuvage ?
Le flacon ? Je suis en nage !
- C’est un problème épineux,
Dit le bonbon bien frileux.
Sans ruban, suis-je coquet ?
Sans canne, puis-je marcher ?
Quitter ce brave sapin
Pour rejoindre les copains
Dans leur moule en silicone
Tout juste à côté des scones ?
- A cloche-pied ou pieds joints,
Verre d’eau, verre de vin,
déroutent bien des icônes
de leur empreinte carbone.
Et si tu veux bien descendre
Me faire un croche-pied tendre…”
Le cousin du cerdon, scie
crûment la confiserie :
“... Pour empêcher le beau gendre
De venir glaner les cendres
De son amour imparfait.
- Aimer c’est vraiment surfait !
Que lui a-t-elle fait hier
Quand ils buvaient de l’eau claire ?
- Je crois qu'elle veut un bébé,
Que lui n'est pas vraiment pas prêt.
- Elle oublie sa part de bûche,
Préfère faire l’autruche ;
Couver endéans neuf mois,
Pour qu’il soit papa surpris
D’un fin nougat d’Italie.”
La flûte écumeuse sue :
“Quelle est cette odeur qui pue ?
Le secret a-t-il éclos ?
Il lui sert un verre d'eau.
Les voilà qui viennent là
Et me cueille à bout de bras.
Le futur papa me jette
Droit dans l’évier, c'est si bête.
Adieu cher ami en sucre.
De ces paroles, un lucre.
Celui d'avoir compris que…
- Le mousseux a dit : Basique.
C’est dans chaque relation
Qu’un bébé c'est un bonbon.
Le regarder dans la glace
Ce, jusqu'à prendre sa place.
Un beau projet, il l’avoue.
Renoncer au poison fou.
Et accepter celle qu'il aime.
Récolter ce que l’on sème,
C’est bien d’amour et d'eau fraîche
Qu’on séduit un coeur revêche.