Je ne saurais dire si c’est par nostalgie, par rappel assez régulier qu’un troisième opus de « la Reine des Neiges III » sortira dans moins de deux ans ou parce que Disney n’a rien sorti de très pertinent depuis au moins 7 ans, mais je repense de plus en plus à cette nuit de 2013 où mon père nous avait dégoté (illégalement bien sûr) le film Disney sorti quelques semaines plus tôt au cinéma. Au-delà de ses musiques somptueuses, de sa structure magnifique et de ses qualités visuelles inattaquables, je pense que ce qui m’a le plus marqué ce soir-là était sa trahison lors du dernier arc. Tous ceux qui n’avaient pas 9 ans en 2013 me feront remarquer que cet événement était très télescopé, et je dois bien leur reconnaitre 9 ans plus tard que Dinsey n’a pas réinventé la manière de retourner la situation avec « La Reine des Neiges ». Il n’empêche qu’on ne peut pas reprocher à Disney de ne pas avoir mis les formes pour berner ses petits spectateurs et ainsi servir son propos. Pour ça si vous le voulez bien, revenons un peu avant le début de la chanson, et plus particulièrement sur le personnage d’Anna.


Anna est une princesse. Elle vit dans un château immense et est autant protégée qu’isolée du monde extérieur. Ses seuls liens humains hors familles sont des servants avec qui aucune relation forte n’est possible de part le statut social différent qui les sépare. Même si ses parents sont aimants, on comprend bien avec la mise en scène de la chanson « Je voudrais un bonhomme de neige » qu’ils la délaissent pour s’occuper des problèmes magiques d’Elsa. Elsa qui d’ailleurs constituait sa seule véritable amie avant les événements du début du film. Cette amitié s’exprime de plusieurs manières, la plus évidente est la phrase « je voudrais un bonhomme de neige » mais aussi par le fait de taper différemment à sa porte pour signaler sa présence. L’arrêt de cette relation (dont la porte est une barrière métaphorique mais une scène dans la chanson « Je voudrais un bonhomme de neige » montre qu’il arrive à Elsa de sortir de sa chambre et donc qu’il y a du bien y avoir un contact entre les deux filles en 15 ans) provoque chez Elsa un profond sentiment de solitude.


On le ressent très bien dans la chanson « Je voudrais un bonhomme de neige ». Après les événements de l’introduction, Anna est d’abord déboussolée « on ne se voit plus

Dis, que fais-tu ? Tu n'es plus vraiment toi […] J'aimerais savoir pourquoi » et souffre de ne pas être mis dans la confidence qui absorbe la vie du reste de sa famille. Elsa souffre de cette perte « Nous étions sœurs et amies Mais c'est fini » et essaie à sa manière à résoudre les choses notamment avec « Pense à moi » qui est une tentative de rappeler le temps où les deux filles jouaient ensemble dans les pièces du château. Une scène particulièrement visuelle de la solitude d’Anna est sans doute celle où elle s’allonge avec ses poupées dans une salle vide qui dézoome et qui la révèle comme mangée par l’immensité du palais, sans vie. Dans la deuxième partie de la musique qui semble prendre place ~5 ans plus tard, si on retrouve bien les signes de l’amitié entre les deux sœurs (toquer à la porte plus « Je voudrais un bonhomme de neige ») On l’a voit aussi s’en détourner pour tenter de combler le vide de solitude exprimé en amont et réexprimer ici (« Ou faire du vélo dans la cour, Je suis une fille en manque de compagnie […] Je suis seule et je m'ennuie »). On voit aussi les prémisses de ce qui va permettre le piège de Hans des années plus tard avec les liens inventés avec le décore du château qui sont les seuls éléments de la vie d’Anna avec lesquels elle peut interagir sans le filtre de sa position (de fille avec ses parents, de princesses avec ses sujets) et qui vont la forger dans un monde très fantasmé de ce que devrait-être la royauté. Dans une 3eme brève partie, on voit Anna se détourner complétement d’Elsa pour trouver ce lien familial avec ses parents (seul signe d’amour entre eux que l’on voit entre eux hors introduction) un peu avant qu’ils ne meurent. Ce moment est suivi d’une scène d’enterrement et d’une marche dans un couloir sombre ou Anna est montré comme plus isolée que jamais, sans personne pour l’aider à surmonter la peine. D’ailleurs cette ombre inhabituelle dans le palais est bien trouvée car ils empêchent Anna de trouver du réconfort en s’appropriant les lieux comme elle le faisait précédemment. On clou le lien entre les deux dans une quatrième partie où Anna n’utilise plus les signaux personnels d’amitié vus précédemment. Anna se contente ici d’un formel (presque supplié dans l’intonation) « Elsa, peux-tu ouvrir cette porte ? ». On y rappelle l’incompréhension d’Anna qui appuie le sentiment de solitude de cette dernière « Pourquoi restes-tu enfermée ? ». On comprend également que la phrase « "sois forte, le temps arrange tout" » ne la rassure pas car sa solitude n’a été que grandissante au fil du temps et même un événement aussi tragique que la mort de ses parents n’a pas réussi à rapprocher les deux sœurs. Elsa évoque bien ce paradoxe d’être seules à deux dans la fin de la chanson « Que nous n'avons plus personne Plus aucune famille Quel avenir pour nous ? », et le « Je voudrais un bonhomme de neige » est plus un appel à l’aide, un rappel d’un passé heureux aujourd’hui impossible. Cette idée de seules à deux est d’ailleurs bien expliqué avec le parallèle qui conclut la musique, Anna d’un coté de la porte envahie par les ombre et Elsa de l’autre coté envahie par son pouvoir, toute deux souffrants d’un mal que l’autre ne peut pas voir ni réellement comprendre.


Cette brève analyse terminée, qui permet à elle seule d’expliquer la situation d’Anna, on ne va pas trop s’éparpiller sur « le Renouveau » qui mérite sa propre critique par ses qualités propres et qu’on va évoquer ici succinctement car il précède directement la rentre en entre Anna et Hans. Avec le couronnement d’Elsa, Anna espère retrouver une vie sociale qui s’agglutine pour rentrer dans le château autrefois hermétique, chose symbolisé dès le début par « Laissez entrer cet air, il sent si bon ». On y détecte aussi une séparation entre les deux sœurs tant le couplet « Et tant pis si cela dérange » peut-être lancé à Elsa et plus subtilement avec le mot « satin » associé au printemps (au renouveau) là ou Elsa représente par ses pouvoirs l’hivers. Les mots "Enflammée, exaltée, surexcitée" montrent bien la connaissance de son environnement social. Mais aussi le fantasme qui l’entoure :


« Et si je rencontrais l'homme de ma vie ?

[…]

Puis nous parlerons toute la soirée

Et je me sentirai bizarre

[…]

Je vais fêter ce renouveau

Dans la magie d'une histoire »


Anna se rend bien compte que ce rêve de trouver l’amour ce soir est déraisonnable, mais elle associe au cours de la musique l’amour et le changement, avec personne pour l’arrêter « Faire ce qui me plaît ».

En conclusion, au moment du début de « l’Amour est un cadeau » Anna a passé une quinzaine d’années de solitude, personne dans le château ne pouvant se comporter en sa présence sans un filtre social et familial qui bloque la création d’un réel sentiment d’amitié. Sa sœur (qui était sa seule amie) la repousse depuis 15 ans sans raisons valables du point de vue d’Anna qui a l’air de prendre cet évitement comme causée par elle. Anna a du vivre le deuil de ses parents seule, ce qui a encore plus éloignée les deux sœurs. Anna a du passé ses 15 ans à se plongé dans le décore du château (et on imagine des livres/tapisseries) qui dépeignent tous une version fantasmée de la noblesse où l’amour est montré comme une forme d’accomplissement des femmes. Ce qui conduit Anna à associer l’arrivée de gens qu’elle voit comme sauveurs de son mal être à comme une fin en soi de sa solitude et à l’idée d’amour avec un homme. Anna confond alors le fait d’aimer et le fait de sociabiliser « Je me sentirai toute bizarre » montre bien une forme d’innocence dans les relations humaines. Et pour finir, Anna ne reconnait pas réellement l’autorité de sa grande sœur qu’elle associe avec son isolement et qui vont la conduire à agir sans prendre en compte l’impact de ses actions futures tant que la situation lui permet d’oublier sa peine cachée voir même si j’oses dire sa dépression latente. Anna se construit donc en opposition à Elsa en cachant qui elle est (derrière les autres, derrière un homme) et comment elle se sent là où sa sœur va s’effacer pour éviter que l’on découvre le vrai elle.


Mais l’amour, comme la manipulation se pratique à deux (voir plus si affinité), et avant d’aborder la musique il faut également parler de Hans. La première chose que l’on voit de lui est sa brutalité, à travers son cheval qui semble galoper trop rapidement vers le lac (et qui donne rétrospectivement à ce moment une impression de mise en scène orchestrée pour forcer la rencontre). De plus on remarquera qu’il empêche Anna de tomber à l’eau…avec un bateau. Les plus marins d’entre nous nous préciseront qu’à cette hauteur le choc ne serait pas moins violent que le contrebalancement causé par le cheval, mais tout de même, l’œil attentif remarquera dès la première scène la violence d’un homme manipulateur qui créera de faux danger pour « sauver Anna » comme avec sa sœur. Il s’agenouille devant elle en « apprenant » son statut et se retrouve dans une situation cocasse dès le début (sous-entendu qu’il ne peut pas être méchant parce qu’aussi boulet et gêné qu’Anna). Hans enfin trouve facilement une ouverture vis-à-vis de la confiance en soi complétement cassé d’Anna traduit par le « Juste moi » et son regard plein d’espoir envers lui. Sa manipulation est facilitée par le fantasme d’Anna qui voit un bel homme sur son cheval (donc un homme de la haute société). La comparaison avec Flynn ne tient la route que sur le papier, car celui-ci apparait dans ses premières scènes comme arrogants et un peu stupide (et contraint par les événements et Raiponce pendant un long moment) là où Hans reste maître de la situation tout le long de leur relation et a donc l’opportunité de façonner un personnage pour piéger Anna, et le spectateur focalisé sur Elsa et sur son couronnement raté qui éclipsera Hans et justifiera ses actions par son ignorance de la situation que nous spectateur avons.


C’est dans ce contexte que commence « L’amour est un cadeau », sous une glycine (peut-être un peu trop au nord pour pousser correctement), ironiquement symbole d’amour (pour Elsa) et d’abondance (pour Hans qui compte s’enrichir grâce à elle).

-J’ai envie de vous dire une chose totalement insensée

-J’aime les idées insensées


Par cette première action Anna exprime oralement qu’Hans manipule en terrain conquis et laisse entrer le loup dans la bergerie. On remarquera d’ailleurs que tout ce que dira Hans ne dit jamais techniquement à Anna qu’il l’aime mais laisse entendre en sous texte qu’il est heureux de la manipuler.


Toute ma vie je n’ai trouvé que des portes fermées

Jusqu’au jour où je suis tombé sur vous

C’est aussi le sentiment que j’ai parce que

J’ai passé mon temps à chercher ma bonne étoile

Jusqu’à cette grande fête royale

Où mon cœur se régale


Les portes fermées sont évidemment un rappel de son passé avec Elsa. En même temps de dire ça elle ferme les portes, peut-être part intimité, peut-être aussi par traumatisme, empêchant par son positionnement de laisser Hans partir. Hans semble aller dans son sens par sa première phrase mais parle de tout autre chose. « La bonne étoile » n’est pas une âme sœur mais de la chance (et il a touché un sacré jackpot). Autre chose en disant « grande fête royale » il ne montre pas le château mais le chemin pris par Anna pour sortir du palais duquel on suppose qu’il l’a vu pour tendre son piège. Enfin « se régaler » est dans sa définition prendre du plaisir à manger quelque chose, qui peut avoir un sens romantique voir sexuelle mais qui est plus à prendre dans ce cas comme un prédateur chassant sa proie.


Avec vous (avec vous)

Je n’hésite plus, je vous ai vu

Et j’ai découvert un sentiment nouveau


Entre la scène de la porte et ce moment où Anna commence la phrase « avec vous », on dirait qu’elle prémâche la drague de Han. Chose qu’on retrouve dans la dance. C’est quelque chose que l’on remarque après coups (et ce ne sera pas détaillé à chaque fois) mais Hans est très passif que ce soit dans les scènes ou dans la musique.


L’amour est un cadeau

L’amour est un cadeau

L’amour est un cadeau pour nous (pour nous) pour nous (pour nous)

L’amour est un cadeau


Comme pour le pour le « Avec vous », il est amusant de constater que c’est Anna qui lance la remarque « Pour nous » en première et non Hans. Ce passage diffère de la version anglaise (qui a la chance de s’appeler « Love is an open door », expression pouvant sous-entendre beaucoup d’autres choses que le bonheur (notamment fuir la réalité) en plus d’être thématiquement en accord avec la métaphore de la porte présente dans « Je voudrais un bonhomme de neige ») de par un « With you » traduit en « Pour nous » qui offre moins cette vision égoïste de l’amour proposé, Anna voyant Hans comme un moyen de faire disparaitre sa tristesse et Hans voyant Anna comme un moyen de s’enrichir personnellement. La mise en scène rattrape la faiblesse d’écriture de ce passage, en montrant Hans sur la tour agir comme un prédateur piégeant Anna alors qu’elle attend avec amour une place vide, un amour inexistant. Il y a aussi ce passage où les deux se cache d’un garde, (probablement) Anna parce qu’elle a sans doute lu trop de roman à l’eau de rose et Hans car il est conscient du coté amoral de ses actes.


Comment expliquer (quoi ?)

Qu’un inconnu finisse

Toutes vos phrases ?

C’est ce que j’allais vous dire

Je ne connais personne qui me ressemble autant

Chips, Chips personnel


Si on peut trouver la traduction globalement bonne, ce n’est pas le cas de ce passage qui se vautre complètement sur le sens de ce passage. Comme dit précédemment, Hans est un manipulateur un peu nul qui a de la chance qu’Anna mène la dance. Dans la version anglaise Anna échoue à trouver la fin de la phrase de Hans en disant « Sandwiches », ce qui démontre la faiblesse d’Hans qui se montre nul dès qu’il doit entrer en scène et l’aveuglement d’Anna qui ne prend pas 5 secondes pour remarquer cette grossière erreur. La version française donne presque raison à Hans de prendre Anna pour une idiote. Jouer sur le reflet de l’eau (et plus tard les ombres) avant de montrer la réalité est un procédé qui sert selon moi à dire que si la relation fonctionne sur le papier, la réalité en est tout autre.


Nos âmes sont comme synchronisées

Une seule façon de l’expliquer

Notre amour est si évident

Dites adieu (dites adieu)

Aux douleurs du passé

Ce qui nous attend est bien plus beau


Les marionnettes d’horloges, qui se rejoigne de manière orchestrée par l’artisan renvoie à la manipulation. La partie sur le phare fonctionne mieux en anglais car on retrouve le fameux « vous et moi » mais étant donné que Hans dit « vous » il ne s’inclut pas dans l’équation. On retrouve encore une fois l’aspect candide d’Anna qui n’explique une bonne entente que par l’amour. Par le jeu de l’ombre on reprend l’idée du reflet évoqué un peu plus tôt. A noter également que c’est dans ce dernier couplet que l’aspect cache misère de la relation se voit le plus, et qu’on y voit clairement les ficèles « Dites adieu aux douleurs du passé », à noter que Hans chante avec elle alors qu’il n’a pas évoqué précédemment une forme de tristesse.


L’amour est un cadeau

L’amour est un cadeau

Le monde sera plus beau pour nous (pour nous) pour nous (pour nous)

L’amour est un cadeau


Pour ne pas se répéter et ne parler que de la mise en scène. Le début du refrain commence avec un petit jeu de chat et de la souris où Anna finit elle-même par révéler sa présence en ouvrant la porte, coïncident avec les paroles anglaises et laissant Hans continuer son manège sans effort. Autre chose amusante, si on reste dans le château, l’immense majorité des scènes se passent au bord d’un vide qui met Anna en situation de danger, alors que le château a pendant la majorité du temps de visionnage alors, été sous le contrôle d’Anna. Ce vide se voit notamment à la fin de ce refrain où Anna est carrément au bord du précipices loin du château.


J’ai une idée des plus insensées

Voulez-vous m’épouser

J’ai une réponse encore plus insensée

Oui


Ce moment est un parallèle du début de la chanson où Hans, plus que jamais certain d’arriver en terrain conquis, demande sa main à Anna qui accepte également. Même décrite comme insensé, les craintes sont effacées au nom d’un amour véritable. Chose très amusante d’ailleurs, la musique se termine par le plan de départ sans les « tourtereaux » montrant la glycine sans personne dessous, présage que cette relation n’apportera ni l’amour, ni la richesse. On peut aussi voir la cour derrière les vitraux, symbole que cette relation n’existerait pas dans cette sphère normalement.


En conclusion, on peut trouver que je surinterprète certain passage de mise en scène (peut-être à raison) et il est vrai que (même vis-à-vis de la VO) « L’amour est un cadeau » ne montre pas explicitement le coté malsain de la relation. Mais trop montrer serait une erreur qui empêcherait les plus jeunes et crédules spectateurs un sursaut après une heure de film à diaboliser Elsa et à respecter les choix d’Anna dans un Disney finalement beaucoup plus moralement gris que prévu dont les personnages se démarquent plus par leur égoïsme que par un pseudo bien commun.


« L'amour c'est faire passer les besoins de l'autre avant les siens. »

La Reine des Neiges


Une phrase de Bell Hook que j’aime beaucoup est « L’amour n’est pas un sentiment, c’est un verbe » sous-entendu qu’aimé est un choix, mais aussi qu’il doit être jugé par les actions et non les dire. Hans, a beau demandé Anna en mariage, il démontre, par sa passivité et son agressivité une absence d’amour. Là où Elsa et plus tard Kristoff montreront un amour sincère pour Anna de par leurs actions. L’amour n’est pas un cadeau qui sauve les cœurs, mais une somme d’actions réfléchies, partagées et sincères qui mènent à un futur heureux. C’est un petit peu ce qui résume La Reine des Neiges : On ne peut pas devenir quelqu’un d’autre pour plaire à ceux qui comptent pour nous, mais on ne peut pas non plus être soit même si on blesse ceux qui comptent pour nous.


-Vous devriez attendre ici.
-Quoi ?
-La dernière fois que je lui ai présenté un garçon, elle a tout gelé autour d'elle...

Lordlyonor
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le 10 janv. 2026

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