Voici une chanson de Barbara sortie en 1964 dans son album "Barbara chante Barbara" assez particulière.
On connaissait la Barbara tragique (Nantes), obscure (L'aigle noir), admirative (Göttingen), reconnaissante (Ma plus belle histoire d'amour), acerbe (La solitude), etc … Les adjectifs étant d'ailleurs interchangeables suivant la face du prisme par lequel on regarde ou écoute chacune des chansons.
Par contre, on connait moins cette Barbara, bouleversée, sensuelle, qui se livre au regard de son public en racontant cette aventure, imaginaire ou pas, avec un jeune homme qui avait presque vingt ans. Aventure sans lendemain puisqu'après avoir feuilleté un livre d'images pas du tout écrit pour les enfants sages, Barbara finit par perdre ses charmes et laisse le jeune homme courir à d'autres amours plus de son âge, de son "bel âge"…
Il avait presque vingt ans
Fallait, fallait voir
Sa gueule : c'était bouleversant
Fallait voir pour croire
À l'abri du grand soleil
Je l'avais pas vu venir
Ce gosse, c'était une merveille
De le voir sourire
Voilà que, timidement
Le Jésus me parle
De tout, de rien, de sa maman
Tu parles, tu parles
J'aime beaucoup les enfants
J'ai l'esprit de famille
Mais j'ai dépassé le temps
De jouer aux billes
Il avait presque vingt ans
Et la peau si douce
J'ai cueilli du bout des dents
La fleur de sa bouche
Et j'ai feuilleté pour lui
Un livre d'images
Qu'était pas du tout écrit
Pour les enfants sages
Tant de jours et tant de nuits
Donne, mais je te donne
Lui pour moi, et moi pour lui
Et nous pour personne
Mais il fallait bien qu'un jour
Je perde mes charmes
Devant son premier amour
J'ai posé les armes
Elle avait presque vingt ans
Fallait, fallait voir
Sa gueule : c'était bouleversant
Fallait voir pour croire
Ils avaient tous deux vingt ans
Vingt ans, le bel âge...
https://www.youtube.com/watch?v=bFFsRgAvGQ4