C'est une chanson très courte, au rythme très rapide et plutôt célèbre du répertoire de Brassens. Ce fut même la chanson titre de son deuxième album.
D'un point de vue forme, la chanson décoiffe comme le ferait d'ailleurs le vent avec les allitérations nombreuses que Brassens met en place pour donner cette impression de vitesse, de non maîtrise d'un phénomène météorologique sur l'homme entre le chapeau de l'un et le jupon de l'autre. On n'a pas le temps de se retourner que le vent se joue de celui qui est pris dans le vent au point de le rendre fou.
Ensuite, il nous faut entrer dans les nombreuses mythologies qui ont déifié le vent comme un symbole de liberté. Mais pas seulement.
Il parait qu'au début, le vent était enfermé sous terre puis un jour, il rêva de liberté et finit par trouver une issue à sa prison. Depuis, libre, il ne cesse de souffler … Et c'est curieux de voir comment le vent s'acharne à défaire ce que l'homme fait. Une fenêtre mal fermée, une tôle mal fixée, un arbre pas assez souple et le vent a vite fait de trouver le défaut pour défaire, démonter, casser, envoler …
C'est aussi un acteur de purification. Rien de tel pour assainir une atmosphère que d'y faire engouffrer le vent. Parfois même, il va plus loin dans sa fonction de nettoyage en attisant le feu, s'il vient à croiser une étincelle.
Et puis les Anciens ont eu imaginé une fonction de messager, de transmission. Il transporterait le chant des esprits ou encore les prières des vivants. Mais, avec quel succès car on sait bien que les paroles s'envolent même sans vent. Alors avec ?
Mais, mieux, Brassens nous suggérerait que le vent aurait aussi une fonction morale comme de préférer traquer les fâcheux. Alors, là, moi, j'aimerais bien mais j'ai bien peur que cela tienne du vœu pieux, cher Georges !
https://www.youtube.com/watch?v=s2NF6Bh5C3o