Ou "Félicité de la forêt"
Richard Strauss met en musique un poème de Richard Dehmel, (poète allemand 1863 – 1920) qui évoque la forêt, la nuit, avec les arbres qui bruissent doucement ; la musique de Strauss est ample sur un tempo très lent pour magnifier l'immensité et traduire cette sensation de plénitude que ressent le poète au milieu des arbres, où il est face à lui-même et à son destin.
Quand j'écoute ce Lied, je ne peux m'empêcher de penser à ce que j'avais ressenti une nuit, dans la forêt picarde où on nous avait invités à aller écouter "le brame du cerf" … C'était un moment impressionnant. La forêt silencieuse dans la nuit froide, autour de nous s'imposait par sa présence et sa puissance comme s'il s'agissait d'un personnage à part entière rempli de mystère.
Je ressens d'ailleurs la même chose quand j'écoute "Pélléas et Mélisande" de Debussy au début de l'opéra quand Golaud rencontre Mélisande dans la forêt …
Bon, ce Lied est aussi l'occasion d'introduire la soprano Gundula Janowitz dans ma liste de Lieder. J'avais découvert et apprécié cette cantatrice à la voix particulièrement pure dans "le Crépuscule des Dieux" de Wagner dans le (petit) rôle de Gutrune …
https://www.youtube.com/watch?v=vUA-sEoHKjU
Der Wald beginnt zu rauschen, (la forêt commence à bruire)
den Bäumen naht die Nacht; (la nuit entoure les arbres)
als ob sie selig lauschen, (comme s'ils écoutaient heureux)
berühren sie sich sacht. (ils se touchent doucement)
Und unter ihren Zweigen, (Et sous leurs branches)
da bin ich ganz allein, (je suis là, tout seul)
da bin ich ganz mein eigen, (je suis là tout à moi)
ganz nur dein. (tout à toi)