Soit le moment – inouï – où la paranoïa ordinaire de l’artiste vaguement avant-gardiste que Byrne était en train de devenir, rencontre parfaitement le destin du siècle (ou mieux, du suivant). Car « Life During Wartime » chante la peur du combattant – du terroriste, pour les autorités occupantes -, dans les rues de Sarajevo hier comme dans celles de Bagdad aujourd’hui, avec une exactitude et une détermination saisissantes : il est possible que tout cela n’ait été pour Byrne qu’une allégorie sur la nécessité d’une résistance artistique, il n’en a néanmoins que mieux cristallisé l’essence de la terreur moderne.