"Nacht" est le premier Lied du recueil composant les "Sept lieder de jeunesse" d'Alban Berg pour voix de femme et piano.
Ces lieder ont été réunis aux alentours de 1905 (avant qu'il ne devienne l'élève de Schönberg ...). Les textes proviennent de divers poètes. "Nacht" (Nuit) est un poème de Carl Hauptman.
Habituellement, je dois avouer que je n'apprécie guère la musique (en particulier instrumentale) d'Alban Berg. Probablement trop moderne pour moi qui en suis resté, en termes de musique classique, à la période romantique.
Mais ici, parce qu'Alban Berg est encore très jeune (18 ou 19 ans voire moins) et, peut-être, encore sous influence des compositeurs romantiques allemands comme Wagner et Mahler, il se trouve, miraculeusement, que j'apprécie les mélodies de ces lieder qui m'apparaissent très belles.
De ce que j'en comprends, le poème "Nacht" exprime les multiples dangers et pièges d'une marche dans l'ombre trompeuse de la nuit que masque l'émerveillement du poète devant la beauté de la nature, des arbres, de la rivière qui bruit et de la montagne silencieuse aux reflets argentés. On trouvera le texte original ci-après et une tentative de traduction osée (dictionnaire et reverso) en commentaire
Parmi diverses propositions sur Google, j'ai choisi l'interprétation du lied par la mezzo-soprano Florence Losseau accompagnée de la pianiste Elenora Pertz. J'ai largement préféré cette version avec piano à la version dite orchestrale.
https://www.youtube.com/watch?v=mkpD2drzfN8&list=RDmkpD2drzfN8&start_radio=1
Texte original de Carl Hauptmann (tentative de traduction en commentaire)
Dämmern Wolken über Nacht und Tal
Nebel schweben. Wasser rauschen sacht.
Nun entschleiert sich’s mit einem Mal.
O gib acht! gib acht!
Weites Wunderland ist aufgetan,
Silbern ragen Berge traumhaft groß,
Stille Pfade silberlicht talan
Aus verborg’nem Schoß.
Und die hehre Welt so traumhaft rein.
Stummer Buchenbaum am Wege steht
Schattenschwarz – ein Hauch vom fernen Hain
Einsam leise weht.
Und aus tiefen Grundes Düsterheit
Blinken Lichter auf in stummer Nacht.
Trinke Seele! trinke Einsamkeit!
O gib acht! gib acht!