Massacre – Meltdown (2001)
Et voici le troisième volume des aventures du power trio le plus étonnant de la planète. Cette fois-ci l’aventure est live, un enregistrement effectué le dix-sept juin deux mille un à l'occasion du « Robert Wyatt¹s Meltdown Festival » au « Queen Elizabeth Hall » de Londres. Une heure et sept minutes d’une musique électrique, intense et essentiellement improvisée.
La première suite comprend trois pièces enchaînées, « Up For It », « Song For Che » de Charlie Haden et du Liberation Music Orchestra et « Closing Circles And Loose End » pour finir. C’est énorme, le son est imprégné d’une puissante énergie rock qui ne s’éteint pas, ni ne marque de signe de faiblesse, jusqu’à l’extinction du titre, les dés sont jetés, ça va saigner !
Le titre « Hover » et ses trois minutes fait avancer la machine, c’est lourd, épais, ça claque fort avec du volume et de la grandiloquence. Le sorcier Fred Frith tourbillonne autour de cette grosse machine rythmique propulsée par Charles Hayward et Bill Laswell. Trois minutes on a dit et hop !
C’est l’heure de « For Good And Scatter », Bill range ses lignes de basse funky le temps d’une introduction et avance presque sautillant comme un lutin sortant du bois, Hayward donne l’impulsion en tapant les cymbales, bien enveloppé par le son de la guitare qui s’entortille autour de lui. Nouveau changement et dialogue entre les deux grattes qui échangent, Bill va trouver un truc bien rond qui gronde et les deux autres s’activent encore. La pièce avance toute seule comme une énorme bête avec une tête qui mue à grande vitesse.
Arrive enfin la Grosse Bertha, « Figure Out » et ses vingt-cinq minutes d’impros rock qui annoncent une énorme déflagration. Ça démarre rapidement, les trois sont au taquet et balancent du gros, du lourd ! Une petite pointe acérée se greffe dans les aigus, alors que le son devient énorme, quasi métalleux et indus, ça vrombit et tout devient d’un seul coup torride…
Première accalmie et nouveau départ plus cool, mais Charles Hayward relance la machine, du lourd et du binaire, Bill se greffe, mais avec de l’esprit, pas trop lourd, en tout cas pas tout de suite. Fred est toujours dans l’éther, il s’efface un peu et tente quelques attaques sournoises et diaboliques, dans ce contexte, ça veut dire chouettes et agréables à l’oreille…
Par une sorte de tour, de force ou de farce, la musique tout à coup s’élastifie et l’envie vient de taper du pied et pas seulement de tourner sa tête dans le vide, en agitant ce qui reste de cheveux de façon circulaire. Ce diable de Bill a manœuvré dans l’ombre et tout repart… Du coup Fred larsen un peu, histoire d’en rajouter une pincée, ça a dû guincher, ce soir-là, au « Queen Elizabeth Hall » !
Quoiqu’il en soit « The Empire Strikes Back », deux minutes suffisent et la Grosse Bertha est défaite, quel massacre, les bruits de la foule ont suffi et la masse a fait place. La dernière pièce arrive, « Over » et une certaine image du jazz refait surface pour cette pièce vive et dynamique.
Un excellent album au sommet de quelque chose, c’est sûr !
Malheureusement on est chez Tzadik, et les extraits sur le tube, ils les chassent, du coup il faudra faire sans... Je vous propose donc un concert de l'année 2000 en Pologne, un peu avant la sortie de Meltdown.