MC Solaar continue tranquillement son petit bonhomme de chemin… et il est toujours aussi chaud.
Éclats cosmiques est le deuxième volet de son Triptyque, cette série de trois mini-albums avec laquelle Claude s'est offert le luxe de prendre son temps. Et ça s'entend : les productions sont solides, les beats claquent et Solaar continue d'explorer ses différents flows tout en restant fidèle à ce qui fait sa force depuis plus de trente ans : sa plume.
Toujours aussi à l'aise avec les mots, toujours aussi précis, il peut passer d'un flow à l'autre sans perdre cette élégance qui reste sa marque de fabrique. Le bonhomme continue de rapper comme un poète qui aurait décidé de ne jamais ranger son stylo.
Ce format en triptyque est intéressant, mais je reste partagé sur le résultat global. La qualité est assez inégale entre les morceaux et je trouve presque étrange de voir certains titres individuels aussi bien notés alors que l'ensemble du projet reçoit moins d'amour.
Parce qu'au fond, je suis persuadé qu'il y a un album monstrueux caché dans ces trois volets. On prend les meilleurs morceaux de Nous reviendrons, Éclats cosmiques et Balade astrale, on enlève quelques titres plus faibles, et on obtient probablement un des meilleurs albums de MC Solaar depuis très longtemps.
Bref : c'est Claude. Et Claude, quand il est chaud, ça reste bon.
À boire avec une Chimay Grande Réserve Barrel Aged 2021 – Rhum. Une trappiste triple fermentation élevée en fûts de chêne français, américain et de rhum, avec une belle rondeur, de la puissance, du bois, de la vanille et des notes tropicales. Une bière qui, comme Solaar, a pris le temps de développer sa complexité et qui ne se résume certainement pas à une seule dimension. La finale est longue, chaleureuse et équilibrée : exactement ce qu'il faut pour accompagner les éclats cosmiques de Claude.
Chimay Grande Réserve Barrel Aged 2021 — Rhum · Doctor Beer Bruxelles