Byard Lancaster, Steve McCall, Sylvain Marc – Us – (1974)
Byard Lancaster a déjà été évoqué sur ce fil à propos de « Live At Macalester College 72 », « Personal Testimony Vol. I » de quatre-vingts et le récent « Soul Unity » de deux mille vingt-deux. Et voici qu’arrive une bordée de rééditions du label français « Palm », qui était, à l’époque dirigé par Jef Gilson. Le premier dans l’ordre des enregistrements est « US », qui date du vingt-quatre novembre soixante-treize, et qui est enfin réédité, le rendant accessible à prix abordables.
C’est le label Souffle Continu qui est à l’origine des parutions récentes, plus fiable dans son costume d’éditeur que dans celui de vendeur. Avec Byard c’est du tout bon, faut dire, on ressent le feeling de l’époque à l’écoute de ces pistes. Byard Lancaster fréquente le solide Sunny Murray et joue dans son quintet. Alors la musique se joue free, avec le lyrisme que portait un certain Albert Ayler.
Pourtant Byard Lancaster n’use pas du vibrato comme son aîné, ainsi, il créé son style propre et se forge sa propre identité. Et c’est ainsi, dans les bagages de Sunny Murray qu’il vient plusieurs fois à Paris et rencontre Jef Gilson qui lui propose une série d’enregistrements, dans un laps de temps relativement bref.
Byard joue des saxs ténor et alto, mais aussi de la flûte, comme sur l’excellent « Flore » où il régale. Il est accompagné par le solide Steve Mc Call, pilier de l’AACM de Chicago, qui joue de la batterie, c’est un maître qui s’épanouira avec la formidable formation « Air » dont il faudrait que je vous parle davantage. Il y a également Sylvin Marc, avec sa basse Fender, sans doute présenté par Jef Gilson, mais ce n’est qu’une supposition de ma part. C’est un album de studio qui bénéficie d’un son de qualité.
Pour tout dire et aller directement au but, c’est un pur régal. La première pièce « Mc Call All » de près de vingt-deux minutes est magnifique et nous place à l’écoute du formidable trio avec un Byard Lancaster très bavard qui occupe l’espace avec tout son savoir-faire, bien épaulé par ses deux compères qui le stimulent à l’envie, les amateurs de longues chevauchées se régaleront. La seconde pièce, « Flore » dont je vous ai déjà dit un mot, est encore plus formidable, si c’est possible ! « John III » qui suit est un solo de la part de Byard, qui s’offre sans filet, avec pas mal de lyrisme.
« Us » retrouve la formule du trio pour un titre assez funky, bien pulsé par Sylvin Marc, de quoi satisfaire les amateurs de rythmes carrés et de danse rythmée. Byard Lancaster ne répugne pas à glisser vers des styles plus populaires, glissant de la « spiritual » au funk qui agite les corps. La dernière pièce « Just Test » se situe au format « hit » avec ses trois minutes, mais on sent que ça ne marchera pas…
Un bel album très recommandé, vivement la réédition suivante !