Ce titre a d'abord été interprété par Dionne Warwick, sur une musique de Burt Bacharach (mais si, l'inoubliable compositeur de ça !) et des paroles de Hal David (comparse habituel de Bacharach). A l'époque, c'était une musique très orchestrale mais un peu soul.
Là, c'est toujours très orchestral, des cuivres, des choeurs, une guitare qui pleure, des cordes en veux-tu en voilà. C'est une grande fresque, comme tout l'album Hot Buttered Soul en est rempli. Isaac Hayes développe le côté soul, mais y ajoute autre chose : il rend la chose terriblement cinégénique, il te raconte une histoire, et il n'a pas peur de laisser de longues plages musicales parfois improvisées, parfois non pour que des images s'imprègnent littéralement dans ton cerveau.
Et au final, ça raconte vraiment la soul : la douleur d'une rupture, le besoin d'oublier, la fierté et le besoin de rester digne malgré l'humiliation de cette rupture. Isaac Hayes ouvre sa vulnérabilité. Et c'est souvent ce que raconte la soul (bien que d'autres thèmes forts soient aussi récurrents que celle-ci).
Et puis, il y ajoute encore quelque chose : du jazz, du funk, du psyché, de la folie. Et une fin, que j'interprète ainsi : je marche seul mais je relève la tête.