En décembre 1972, Joan Baez part 13 jours au Vietnam avec un groupe de pacifistes. A ce même moment, l'armée US lancent les Christmas Bombings, une saloperie de bombardements massifs.
Ce titre, qui fait la face entière d'un album vinyl est plus un retour documentaire qu'une oeuvre musicale à proprement parler. Ca commence par des sirènes d'alerte, puis des explosions, puis des témoignages de civils parfois en pleurs, des discussions. Elle s'enregistre elle-même également : son propre témoignage, du spoken words, des passages réellement chantés sur fond de piano essentiellement.
Le titre se réfère à une maman vietnamienne qui cherche son enfant disparu dans le bombardement, mais se veut un appel universel à tous les enfants qui meurent à la guerre, soldats ou civils. Et évidemment, elle interpelle le gouvernement américain et ses citoyens.
Joan Baez, habituée de la protest song, mais plutôt à New York, décide d'aller au bout de ses convictions, en allant voir sur place et témoigner. Sans jouer au White Saviour. Juste faire savoir. Le morceau se terminera sans résolution. Ce n'est qu'un moment, sans début ni fin. La suite ne sera pas meilleure, tant que l'armée américaine bombardera le Vietnam.
On peut toujours dire que le courage dont fait preuve ici Joan Baez n'est rien à côté des combattants des deux côtés du front, des victimes civiles vietnamiennes, mais on peut apprécier la démarche d'une artiste fidèle à ses idées jusqu'au bout.