L’ami Sheridan perd encore quelques points. Son travail sur Wind River, Comancheria et Sicario reste, pour moi, de très haute volée ; mais après la semi-déception Yellowstone, 1883 (qu’on m’avait vendu comme “dark as hell”) me laisse un goût mi figue mi raisin.
Je bute encore sur le personnage principal — la fille Dutton — qui, via sa voix off, déroule des états d’âme de jeune fille découvrant le métier de cowboy, l’amour, la mort, puis l’amour encore, puis la mort à nouveau. Elle est parfois filmée comme Beth : poses appuyées, regard au loin, attitude “je fais l’icône”… et pendant huit épisodes, j’ai vraiment eu du mal à m’y intéresser. Le reste de la galerie de personnages est solide, mais passe parfois un peu trop au second plan.
Sheridan tente de faire avancer en parallèle l’histoire du convoi d’immigrants, celle des Dutton, et celle du capitaine ; mais avec une seule saison, rien n’a vraiment le temps de s’installer. Résultat : le destin des immigrants, qui aurait pu être le cœur émotionnel du récit, reste sous-développé. Côté Dutton, je trouve que ce n’est réellement qu’à l’épisode 9 qu’on sent enfin la force de caractère ; et c’est surtout avec le dernier épisode qu’on comprend l’attachement à cette nouvelle terre, au point qu’il décide finalement de s’y installer.
Au final, je suis assez surpris par le choix d’orienter la série autour d’un personnage dont le destin s’arrête si précocement.
À noter : la bande-son signée Tyler, comme sur Yellowstone, est de haute volée — et tristoune à souhait.
Prochaine étape : 1923.