Avis sur

Breaking Bad par ThibautCambouli

Avatar ThibautCambouli
Critique publiée par le

Breakin bad : la parfaite alchimie

Breakind Bad, c’est terminé. La série diffusée sur la chaîne câblée américaine AMC – qui diffuse aussi The Walking Dead, Mad Men ou encore Hell on Wheels – a rendu son dernier épisode le dimanche 29 septembre. La fin des aventures de Walter White marque aussi la fin d’une magnifique opportunité pour la ville d’Albuquerque qui s’est servie de la série pour développer de manière incroyable le tourisme dans la région. Retour sur une série qui a tantôt fascinée tantôt dérangée depuis ses débuts en 2008.
Un pitch poignant
Breaking bad, c’est l’histoire d’un professeur de chimie, ancien prix Nobel et maintenant obligé de cumuler deux jobs pour faire subsister, son enfant, handicapé depuis sa naissance et sa femme, enceinte d’une seconde progéniture. Au passage, la société américaine et son American Dream prennent un sacré coup derrière la tête. Ajouté à cela il apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon en phase terminale. On comprend déjà mieux le titre de la série, pouvant se traduire par « point de rupture ». Walter White, interprété par le brillant Bryan Cranston, rencontre alors celui que l’on pourrait appeler l’élément perturbateur, Jesse Pinkman, joué par le surprenant Aaron Paul. Ensemble, il décide de fabriquer et de revendre une drogue faisant ravage au Mexique et dans le sud des Etats-Unis : la métanphétamine. Il gravit alors les échelons à une vitesse incroyable et devient un caïd de la pègre reconnu sous le pseudonyme d’ « Heisenberg ». Au fur et à mesure des saisons, Walter White va étendre son territoire et devra donc faire face à la concurrence mais aussi à la Drug Enforcement Administration (DEA). La dernière saison met en évidence la face à face terrible qui l’oppose à son beau-frère flic, Hank Schrader, aux allures non dissimulées de Vic Mackey dans The Shield.
Une dimension psychologique saisissante
Walter White est un homme bon, serviable, tantôt naïf, tantôt ingénieux mais qui demeure entièrement dévoué à sa famille. C’est d’ailleurs cet amour fraternel qui va le pousser à se jeter les yeux fermés dans la jungle sanguinaire du trafic de Crystal meth dominé par les cartels mexicains. Pour cela, il s’associe a Jesse Pinkman, un de ses anciens élèves, et maintenant dealer de bas-étage sans réelles ambitions dans la vie. Les deux personnages vont cependant connaître une trajectoire diamétralement opposée. Quand l’un prend peu à peu conscience des dangers du trafic de drogue à grande échelle et les conséquences dramatiques que cette activité engendre sur son entourage, l’autre connait une réelle descente aux enfers, laissant s’échapper l’humanité qui le caractérisait au profit d’une avidité intarissable. En témoigne la scène de l’épisode 8 de la saison 5 ou l’on voit notre antihéros marchant paisiblement dans son salon pendant que 10 personnes se font sauvagement assassinés, meurtres qu’il a savamment orchestré. Walter White n’existe plus, Heisenberg a définitivement pris le dessus après cette scène incroyable, référence directe à la scène finale de The Godfather, de Francis Ford Coppola.
De multiples références au grand écran
Et des références cinématographiques, Breaking Bad en est truffé. Vince Gilligan ne s’en cache pas et concède volontiers son admiration pour les deux premiers volets de la saga The Godfather, régulièrement cité dans la série. Les réalisateurs n’hésitent pas non plus à tirer profit des paysages vastes et désertiques du Nouveau-Mexique à la manière d’un western. Et que dire des noms des personnages principaux « White » « Pinkman » portant des noms de couleurs, hommage rendu à Quentin Tarantino et son premier long-métrage, Reservoir Dogs.
Une fin attendue mais maitrisée
Difficile de ne pas comparer la fin de Breaking Bad et de Dexter, une semaine auparavant. Même si Dexter n’avait plus trop d’intérêts depuis la saison 4, on espérait encore un dénouement digne des 4 premières saisons, d’une grande qualité. Espoirs envolés au regard des dernières images de la saison, ou l’on voit Dexter, seul, reconverti en bucheron. Showtime a donc joué la carte de l’ambiguïté, ne mettant pas à l’écart une suite potentielle. C’est raté. A l’inverse, les scénaristes de Breaking Bad n’ont pas pris de risques et la série s’est achevé sur un dernier épisode intense ainsi qu’une dernière scène rythmé par la chanson Baby Blue des Badfinger, et ses premiers mots Guess I got What I diserve. Les scénaristes n’ont pas hésité à détruire tout ce qu’ils avaient construit durant ces 5 saisons et ont pris le soin de régler le destin de chaque personnage. Bref, un final sans prise de risques inopportunes qui clôture une des meilleures séries de ses dernières années.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 414 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de ThibautCambouli Breaking Bad