Quand les actionnaires s'en prennent à vos emplois

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L'émission « Quand les actionnaires s'en prennent à vos emplois », présentée par Elise Lucet, relate l'enrichissement des entreprises au détriment de l'emploi. Alors que la France tente de luter contre le chômage, certaines grandes entreprises continuent à supprimer des emplois, alors qu'elles multiplient les bénéfices. En effet, les actionnaires des grandes entreprises perçoivent beaucoup de dividendes, grâce à la rémunération de la part des entreprises, qui explose. Ils dirigent une grande partie de notre économie. Le problème est que la dividende est devenue la nouvelle grande religion des entreprises . Ils souhaitent faire du profit à tout prix, tout de suite.

En 2014, le montant record des dividendes ( rémunération des actionnaires) partout dans le monde est estimé à 1000 milliards de dollars. Cette même année, les entreprises françaises du CAC40 ont versé 54 milliard d'euros à leurs actionnaires. Pour pouvoir leur distribuer autant d'argent malgré la crise, certaines entreprises ont trouvé la solution : supprimer des emplois, parfois par milliers.
Parmi les pays, où les actionnaires sont les mieux rémunérés, nous pouvons compter les États-Unis (1er), le Royaume-Uni (2ème) et la France (3ème).

CAS DE SANOFI :

Prenons exemple sur SANOFI. SANOFI est la deuxième entreprise du CAC40, le troisième groupe pharmaceutique du monde . En 2013, Sanofi a fait 6 milliard d'euros de bénéfices. Pour cela, il emploie plus de 100 000 personnes dans le monde, dont 20 000 en France .
Le site de Montpellier , qui jadis était la vitrine de la recherche se transforme lentement en laboratoire fantôme. SANOFI a supprimé 300 postes depuis 2009, mais ce n 'est pas fini. Sur le site, plus de 1000 personnes sont employées, mais 200 postes supplémentaires sont menacés . Pourtant Toulouse et Montpellier sont bien des créateurs de médicaments, qui ont rapporté plus de 70/75 milliards d'euros.
Les salariés se sentent trahis et n'apprécient pas la manière, dont ils ont été licencié.
Au total, la rémunération de Chris Viehbacher, un des patrons les mieux payés en France en 2013, s'élève à 8 648 326 euros,. Il est directeur général de SANOFI depuis 2008 et c'est sous sa houlette que le groupe va être restructuré .
SANOFI a diminué ses effectifs entre 2008 et 2013 en région parisienne, en Normandie à Toulouse et près de Lyon, (près d'une dizaine de sites en France). Au total, 4 000 emplois ont été supprimé. La direction souhaite rendre SANOFI encore plus attractif, c'est-à-dire plaire aux marchés et séduire les actionnaires avec les fameux dividendes. En 2013, l'entreprise leur a ainsi reversé 3 milliards 638 millions d'euros. Dans un communiqué, en 2014, SANOFI s'engage à reverser 50% des résultats nets à ses actionnaires, soit la moitié des bénéfices.
SANOFI refuse les interviews.

Qu'en pense son ancien directeur ?

Jean -François DEHECK, l'ancien directeur et fondateur a été interviewé par des journalistes. Il a quitté le groupe en 2010. Ils lui montrent un schéma avec des bénéfices en baisse, mais des dividendes en hausse (SANOFI).
Il est scandalisé étant donné que c'est un système, qu'il n'accepte pas et qu'il combat. Pour lui, la finalité de l'entreprise est de savoir faire des médicaments et non de produire de la rentabilité pour les actionnaires.

Cas de PagesJaunes :

Dans les entreprises où la finance a pris le pouvoir, elles imposent des dictatures et ses méthodes, afin de maximiser les profits. Elles augmentent la pression sur les salariés, en leur demandant toujours plus au point de les pousser à bout . Nous pouvons le constater dans une entreprise telle que PagesJaunes par exemple, où les salariés sont en situation dangereuse. Le médecin interviewé sous anonymat a estimé que plus de 20% des salariés sont sous traitement anti-dépresseurs ou anxiolytiques, soit quatre fois plus que la norme. Certains ont des burnout ou se suicident.
Parmi les victimes de Pagesjaunes, Dominique Lamirand, un représentant commercial alors âgé de 54 ans a mis fin à ses jours à cause de la pression du travail. Dans son mail d'Adieu, il signe « Pages jaunes m'a tué ».
La sécurité sociale affirme que c'est un accident du travail. Cependant, Pagesjaunes ne mentionne pas son suicide dans ses documents et son PDG refuse les demandes d'interview. Pour avoir un aperçu des méthodes de travail, les journalistes appellent un professionnel de l'infiltration, qui va pénétrer dans Pagesjaunes,  en tant que télé vendeur. Les conditions de travail sont déplorables. En moyenne la moitié des recrutés ne terminent pas la période d'essais.

Actionnariat de PagesJaunes :

Pages jaunes a plus 100 millions d'euros de bénéfices. L'ex-filiale de France Télécom a été racheté en 2006, à crédit, par le fond d'investissement américain KKR, avec la banque Goldman Sachs. Ils comptent sur pages jaunes pour rembourser.
L'entreprise a été victime de détournement de ressources à des fins spéculatives, qui a mis la pérennité de Pagesjaunes SA en très grand danger. Des ressources pourtant jugées indispensables, pour financier des investissements stratégiques (acquisitions, dépenses de R&D, innovations, recrutement de compétences clés en développement).

Qu'en pense le ministre de l'économie, Macron ?

D'après Macron, si Sanofi baisse ses objectifs, la cours va s'effondrer. Pour lui, il faut favoriser l'actionnariat à long terme sur l'entreprise. Macron dit qu'il faut progressivement arriver à oeuvrer l'économie d'un actionnariat spéculatif, qui veut du rendement et favoriser un actionnariat qui serait plus familiale, plus entrepreneurial. Il est convaincu qu'il faut faire des salariés, des actionnaires de l'entreprise.

Cas de Samsonite :

Concernant Samsonite, plus de 200 ouvriers de Hénin-Beaumont (Nord-Pas-de-Calais) travaillaient pour fabriquer des valises. Ces salariés faisaient beaucoup d'heures supplémentaires. Maintenant, ils se sentent trahis à cause de la manière, dont ils ont été licenciés en 2007.
Samsosite est dépendant du tourisme aérien et à cause du terrorisme, les voyageurs prennent beaucoup moins l'avion. Alors les dirigeants des fonds veulent vendre Samsonite, pour pouvoir faire un maximum de bénéfices.
Normalement, lors d'un licenciement, le salarié a droit à des indemnités. Cependant, pour échapper à cette situation, ils prennent un repreneur qui est beaucoup moins coûteux, qu'un plan social. Or, le repreneur vide les caisses et la faillite de l'entreprise permet de faire payer les indemnités par la collectivité territoriale.
En juillet 2007, Samsonite est revendu à 1,7 milliards de dollars en Chine. Alors qu'à la base, il a été vendu à 5 millions d'euros aux actionnaires.
Quand les ouvriers décident de poursuivre ces derniers, ils leur manquent des preuves pour impliquer Bain Capital. AUREL, condamné à 3ans de prison affirme que Ben capital jouait un rôle central. Il témoigne sur l'honneur et comme preuve, il donne une carte de visite de Le breton, un représentant de Bain Capital
Malheureusement, Bain Capital est souvent blanchi au détriment des personnes licenciées. 

Conclusion :
A travers ces trois exemples, nous avons pu voir que beaucoup de dirigeants d'entreprises préfèrent mettre en priorité les dividendes et suppriment par conséquent, des milliers d'emplois dans le monde. Cela crée des problèmes économiques et sociales comme la monté du chômage, la suppression de milliers d'emplois, des burnout, des suicides et beaucoup de pression dans le monde du travail.

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