Necrophilie

Avis sur Dragon Ball Super

Avatar The-Goblin
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Qu'il est ironique de réaliser qu'à ses prémices Akira Toriyama voulait conclure son oeuvre sur l'arc Namek. Dragon Ball aura fait son chemin depuis. Comme beaucoup, je ne peux nier que Dragon Ball occupe une place importante dans mon enfance. Après tout, Goku est pour le manga, ce que Superman est pour le comic book. Dragon Ball est pour le shonen, ce que Star Wars est pour le space opéra. Dire que l'oeuvre est culte et le restera des décennies durant est un doux euphémisme. Comme beaucoup, j'ai du relire chaque tome du manga un nombre incalculable de fois, comme beaucoup j'ai du visionner la série animée des dizaines de fois, comme beaucoup j'ai du regarder tous les OAV en boucle, passer des centaines d'heures sur les jeux vidéos (notamment la saga Budokai Tenkaichi). Comme beaucoup j'ai vécu le traumatisme Dragon Ball GT et l'abomination nommée Dragon Ball Evolution qui restera à jamais à mes yeux l'un des pires films jamais sortis.

Suis je un fanboy de Dragon Ball ? Oui et non j'ai envie de dire. Certes ce manga aura toujours une place à part dans mon coeur mais non je n'ai pas tremblé d'excitation à l'annonce de la sortie de Dragon Ball Z Battle of Gods et de Dragon Ball Super. La nostalgie est un piège pernicieux, j'ai toujours pris soin de ne pas la laisser mon dominer. Qu'on se le dise tout de suite, je ne suis nullement adepte de l'adage "c'était mieux avant". Les sempiternels débats sensés démontrer pourquoi les "vrais" fans devraient détester ou non Dragon Ball Super m'ont toujours ennuyés. Je n'ai jamais vraiment ressenti le besoin de militer et débattre pour prouver au monde entier que Dragon Ball Super est une injure à l'oeuvre original. D'autant que peu importe l'oeuvre en question, les guerres éternelles entre fanboys et haters tout aussi fermés d'esprit et de mauvaise foi l'un que l'autre ne mènent à rien. Aussi je n'ai jamais vraiment prit en considération l'avis ou les arguments des "vrais" fans pour me forger une opinion. Qu'importe qu'on vous considère comme un hater ou un fanboy, au final nulle n'a le droit de vous empêcher de vous faire votre propre avis et d'en faire part.

Aussi je m'étais interrogé sur la pertinence de proposer une enième suite à Dragon Ball tant d'année plus tard. Ne valait il pas mieux laisser la nostalgie là ou elle était ? Fallait il rajouter un enième maillon à cette chaine qui a bercé notre enfance ? Chacun est juge. Pour ma part, cette série n'a jamais été qu'une enième tentative d'abuser de la carcasse mort depuis longtemps dans le seul but de jouer sur la nostalgie des gens. Il faut savoir laisser l'enfance là ou elle est et se forger de nouveaux mythes et non pas produire une suite pour produire une suite. Qu'il est pénible de voir tant de licence exploité de long et en large pour ne rien proposer au final.

Pourquoi m'être mis à Dragon Ball Super malgré la douche froide qu'ont été la bataille des Dieux et la résurrection de Freezer ? Parce qu'autours de moi, beaucoup de fans, d'amis, de connaissance me chantaient à tue tête que final l'arc Zamasu valait le détour. Qu'ils retrouvaient le dragon ball de leur enfance, que Zamasu était le meilleur méchant de Dragon ball jamais créer, que Végéto et le Trunk du futur étaient de retour, que l'animation était de meilleur qualité, que les combats en jetaient, que l'émotion y était. Bref, vu le dessin qu'on m'en faisait ne pas regarder Dragon Ball Super équivaudrait à refuser une partie de jambe en l'air avec Salma Hayek à son paroxysme dans "une nuit en enfer" ou de refuser une place au premier rang au mondial de foot.

Dans le fond pourquoi ne pas me faire ma propre opinion ? Je n'attendais strictement rien de la série ou de cet arc. Dans le pire des cas, n'attendant rien je ne risquais pas d'être déçu et dans le meilleur des cas, je ne pouvais qu'être agréablement surprit. Je me suis donc lancé dans la série. Entendez bien que j'ai du mordre sur ma chique pour ne pas tiquer.

J'ai donc fermé les yeux sur Végéta qui fait du Bingo, Gohan qui fait de la figuration et perd toute sa classe, les incohérences à foison, le coup du foetus saiyen, le frère de végéta qui sort de nulle part, Pilate et ses comparses sensés être amusant mais étant bien trop mit en avant, l'enfer de Freezer avec les chansonnettes, les nouveaux personnages (Beerus et Whis) qui non content de n'avoir aucun charisme ne font que bouffer 2 épisodes sur 3. La résurrection improbable de Freezer, les power up, l'humour lourdingue qui fait davantage penser à l'humour nestlé et crétin de Naruto ou One piece qu'au Dragon Ball originel, la transformation super sayen gods qui ressemble au kaioken du pauvre, Goku qui semble devenir un véritable autiste. Bref, j'ai regardé cette série en mettant mon coté fanboy (et ma cervelle aussi du coup) sur pause.

Eh bien finalement j'avais tord. A vrai dire, je souhaiterais moi aussi bénéficier d'une machine à remonter le temps pour aller me flanquer une paire de baffe quand j'ai prétendu que je ne pouvais pas être déçu. Je n'irais pas jusqu'à dire que l'arc Zamasu était le plus mauvais, il entre tout simplement dans la logique même de ce que Dragon Ball Super représente (à mes yeux entendez bien) : Une série vide ne proposant rien si ce n'est du fan service dans le but ultime bien évidemment de se faire plus de pognon.

On passera le mot sur l'animation qui n'est même pas d'un meilleur niveau que les anciennes animations datant de plus de 20 ans. Ce qui est assez sidérant vient du fait qu'outre le fait de jouer sur le fan service, la série reprend tous les défauts de DBZ et au lieu de les corriger les amplifie. Parce que oui : DBZ avait des défauts, je suis le premier à le reconnaitre. Oui les méchants étaient caricaturaux, oui il y avait beaucoup de power up, d'incohérence et de Deus Ex Machina. Mais DBS loin de corriger le tir va encore plus loin dans le vice.

Tout est dans la démesure. Vous trouviez que les personnages étaient cheatés ? Maintenant on a carrément droit à des types qui coupent une planète en deux en tapant sur une table ou font trembler l'univers entier rien qu'en se battant (mais qui ne détruisent pas grand chose lorsqu'ils se battent à coté d'une petite ville). Les rapports de puissance n'ont plus ni queue ni tête. Là DBZ s'emmerdait à inventer des entrainements sous gravité intense ou dans une salle hors du temps. DBS accumule les power up, sortant littéralement de nul part. Tortue Géniale peut soudainement affronter des soldats de Freezer alors que Piccollo galére contre un soldat ayant le niveau de Zabon. Freezer peut affronter Goku en super sayen god parce qu'il s'est entrainé 4 mois. Gohan ne sert à rien, Trunks peut affronter un ennemi contre lequel Végéto lui même galérait, Goku en super saiyen gods peut être blessé par un soldat lambda de Freezer par une explication foireuse.......

Les nouvelles transformations s'accumulent sans aucune émotion, ni cap psychologique (quelle transformation d'ailleurs ! Cheveux roses, cheveux bleus !). Le manque de créativité est d'autant plus flagrante en contemplant les nouveaux personnages qui ne sont finalement que des ersatz, de précédent personnages : un kaioshin vert, un freezer d'une autre couleur, des saiyens maigres et gros. Payez l'originalité.

Les personnages centraux loin d'évoluer subissent une régression psychologique affolante. Goku est passé du héros candide et génie d'art martiaux à un pitre arriéré, mettant en danger l'univers pour son simple plaisir ou engageant un assassin pour l'abattre uniquement pour avoir droit à un peu de challenge. La série enfonce encore plus le clou, affirmant qu'il n'a jamais embrassé Chichi bien qu'il ait tout de même trouvé le moyen de lui faire deux gosses. Végéta quant à lui est réduit à faire la cuisine pour espérer attirer l'attention de Whis c'est dire !

La série se démarque également par son absence d'enjeux fascinant. La facilité scénaristique qu'étaient les boules de cristal permettant à chaque fois de ressusciter tout le monde était déjà critiquable. Mais bien entendu DBS se sent obliger d'aller encore plus loin. Désormais dès que ça tourne mal, il suffit de remonter le temps ou d'appeler le dieu suprême à la rescousse en appuyant sur une putain de télécommande. D'ailleurs plus rien n'est pris au sérieux. La série se permet de parodier la mort de Yamcha lors de l'arc saiyen, au cours d'un match de baseball inter univers (qu'avaient ils fumé ce jour là ? Mystère), ou de faire comme si la destruction entière d'une timeline et de tous ses résidents n'est qu'un petit événement qui ne mérite pas qu'on s'y attarde. Les scénaristiques vont même jusqu'à inventer des romances de merde totalement malsaine entre Mai et Trunks.

Bien entendu la série se doit évidemment de massacrer la mythologie de l'oeuvre originale. Ainsi au fur et à mesure que les épisodes défilent, les règles changent et se réécrivent de ci de là :

Ainsi Freezer avait peur des super saiyens. Mais pourquoi donc ? Puisqu'en s'entrainant juste quelque mois il atteint un niveau comparable à celui d'un super saiyen god ? Vous pensiez que la fusion des potalas était définitive ? Hé bien non ! Désormais l'effet est limité si les utilisateurs sont de simples mortels ! Oui mais dans ce cas, autant faire une simple fusion me direz vous. Et ainsi rater l'occasion de faire intervenir Végéto pendant 10 minutes au cours d'un fan service poussif et putassier ? Pourquoi diable se foutre en rogne ou s'entrainer comme un dingue pour devenir super saiyen ? Il suffisait bêtement de concentrer son énergie dans le dos pour y parvenir !
Ignorants que nous sommes, nous avions longtemps pensé que Gotenk et Trunks étaient surdoués pour être parvenu à se transformer aussi vite. Hé bien nous avions tout faux puisqu'avec cette réécriture nous savons désormais que n'importe quel pékin saiyen lambda pouvait y parvenir en concentrant son énergie dans le dos. Ce qui fait de Goku et Végéta des putains d'attardés, n'étant parvenu qu'à se transformer à l'âge adulte. Notez qu'il est désormais possible de transférer son genkidama à son épée....

Bref, DBS nous envoie un message fort : Rien n'est gravé dans le marbre, désormais tout est possible. On peut faire absolument n'importe quoi avec les personnages, leurs psychologies, leurs rapports, l'univers, les powers ups, les règles établies, la cohérence, les échelles de puissance.

En témoigne le fait que Goku en est réduit à demander l'aide de Freezer pour un tournoi à la gomme. Vous savez le mec qui a génocidé sa race, tué son père et son meilleur ami ? De toute façon, à partir du moment ou le dieu suprème du multivers est une créature mal dessinée doté de la mentalité d'un gosse de 5 ans, il ne faut visiblement plus se poser la moindre question.

J'en poserais tout de même une dernière, en concluant par la même occasion cette critique. Sachant que Broly était l'un des personnages non canonique les plus populaires et appréciés, quel sombre crétin congénital a jugé adéquat de lui foutre des nichons ?

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