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Avis sur Freaks and Geeks

Avatar Art Take
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Incomprise, la série lors de sa diffusion originale en 1999, fut durement amputée par NBC. Sûrement en avance sur son temps, c'est la première fois avec autant de sincérité que la télévision aborde les dits marginaux du lycée: les freaks - bad boys, fumeurs de chichons et fans incongrus de hard rock - et les geeks - éternels boucs émissaires, tyrannisés par les grosses brutes -.

Les Freaks avec en chef de file Daniel Desario (le tout jeune James Franco) sont les fouteurs de merde, le genre de personnes que l'on aurait cherché à tout prix, à éviter au lycée. Sous-doués et partisans du moindre effort, les histoires qui leur sont consacrées sont néanmoins intéressantes. Une fois les parents découverts, nous nous rendons compte que la crasse était déjà encrée en eux. Les Freaks n'y peuvent rien, ils sont tirés vers le bas, ils ont un bon fond mais ils ne peuvent le montrer, une sorte de rôle de bad guy à préserver car la seule fierté qu'ils peuvent tirer d'un héritage familial si peu glorieux.

Freaks and Geeks utilise sans aucun doute les clichés du geek, mais au contraire d'un Big Bang Theory, elle les utilise évidemment dans un but humoristique (bien que je doute de la qualité de la dernière citée), mais les exploite aussi afin de nous émouvoir. Ces Geeks n'ont pas choisi de l'être, ils le sont par une sorte de malédiction, c'est juste une phase, la promesse à un bel avenir (cf. la réplique de la domination des geeks sur les sportifs, bien qu'extrême). Ces Geeks essayant alors de s'en sortir, ne s'en révèlent que plus touchants, chacune de leurs histoires s'avérant parfois difficiles mais souvent justes.

Nous l'avons bien compris, les Geeks sont touchés par une sale période, celle de la puberté, de l'acné, mais la grâce les toucheront. Pour les Freaks, cependant, tout semble perdu jusqu'au jour où Lindsay Weir (la très mignonne Linda Cardellini), ancienne Geek cherche à se Freak-iser. La passerelle entre ces deux clans, d'abord rejetée, mais plus forte que jamais, elle les rendra matures et eux lui donneront la part de folie nécessaire à sa vie d'adulte.

Au-delà d'aborder très sérieusement le sujet, Freaks And Geeks étonne de par les intérêts scénaristiques qu'elle propose, esquissés mais jamais vulgarisés. La série ne connut pas le succès qu'elle méritait, elle dispose cependant d'une fin apte à l'esprit de tolérance qu'elle a tout le long véhiculé.

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