Small Town

Avis sur Friday Night Lights

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Friday Night Lights n'est pas, à proprement parler, une série sportive. Certes, le football est l'élément central de l'intrigue de la même manière qu'il est le moteur de la petite ville (fictive) de Dillon, au Texas. C'est l'élément qui rassemble ou divise les nombreux personnages, les joueurs ou leurs familles et amis, qui habitent l'écran durant les épisodes qui se succèdent tout comme les matchs de la saison. Des matchs bien filmés (à la façon d'un documentaire, comme toute la série d'ailleurs), et qui, pour ceux que ça inquiète, n'empêchent pas d'apprécier la série. En fait, c'est plutôt le contraire. Le football, dans FNL, est une échéance permanente pour les personnages, qui doivent toujours se recentrer et faire face au prochain match. C'est aussi une allégorie du quotidien des personnages. Cette technique narrative permet à la série de ne pas s'égarer dans des intrigues trop secondaires, et de canaliser les différentes story-arcs pour que le tout soit toujours cohérent. La saison 2, qui souffre d'un manque de football et d'intrigues secondaires médiocres l'a prouvé.
Les moments sportifs sont de toute façon épiques, pleins de suspense et de bravoure, et c'est quelqu'un qui ne connait que peu de choses au foot US qui le dit.

Parmi tous les protagonistes, on retient surtout le charismatique Eric Taylor, le coach autoritaire mais surtout passionné, ce texan taciturne dont la droiture inspire à ses nombreux joueurs la plus grande admiration. Un personnage édifiant aux multiples facettes, ce que traduit formidablement bien le jeu d'acteur assez épatant de Kyle Chandler ("Demain à la une")
Mais dans le sillage du football, spectaculaire et tactique, Friday Night Lights nous livre surtout une critique sociale sur l'Amérique dite "profonde" : arriérée et simplette mais malgré tout attachante. C'est là la force de cette production, en plus de son casting composé d'ados mais pas idiots pour autants, bien écrits et nuancés tels que Brian "Smash" Williams, le tailback afro-américain dont tout l'avenir de sa famille repose sur ses épaules et qui fait preuve d'autant d'orgueil que de talent sur le terrain, Matt Saracen le jeune quarterback remplaçant propulsé titulaire suite à un coup du sort, Tim Riggins, le je m'en-foutiste de service et un peu alcoolique sur les bords qui entretient des relations conflictuelles avec son entourage et qui mène une vie chaotique, Jason Street l'ancienne star de l'équipe devenu handicapé suite à un mauvais plaquage et qui doit reconstruire sa vie... Certes, certains peuvent se montrer irritants, et il y a des story-arcs qui sont moins intéressants que d'autres car un poil clichés ou trop sentimentaux. Durant la saison 2, ces intrigues moyennes occupent malheureusement la majeure partie de l'histoire, mais la série se reprend par la suite, avec une saison 3 incroyablement bien narrée et écrite, émouvante et qui conclut très bien l'histoire de certains personnages lorsqu'ils ont rempli leur rôle, au lieu de s'acharner et de les faire tourner en rond, préférant introduire de nouvelles têtes. La série prend d'ailleurs, à la fin de la saison 3, un tout nouveau départ et un nouveau contexte, de quoi renouveler l'intérêt et les enjeux de l'histoire. Si FNL n'est pas une série parfaite, elle est pleine d'authenticité et évite énormément de pièges typiques de ce genre de productions.
La justesse du jeu d'acteur est aussi à souligner : les scènes entre le coach et sa femme Tami, un autre personnage remarquable soit-dit en passant, sont tout à fait savoureuses.

La volonté de proposer un regard critique mais affectueux sur cette Amérique puritaine et hypocrite, font de Friday Night Lights une production résolument à part. Le scénario parvient à captiver malgré des ficelles (volontairement) prévisibles mais exécutées avec une simplicité et une spontanéité rarement vues à la TV. Pendant cinq saisons, on s'attache comme jamais à ces personnages incroyablement naturels dans leurs combats et leurs joies.
Friday Night Lights c'est désormais terminé, mais la série laissera derrière elle un paysage audiovisuel bouleversé à jamais, discrètement mais sûrement.

"Clear eyes, full hearts, can't lose !"

(Saison 1 : 9/10
Saison 2 : 6/10
Saison 3 : 9/10
Saison 4 : 8/10
Saison 5 : 9/10)

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