L'anime mi-Fan-Service mi-propagande insupportable

Avis sur Gate

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Alors oui, toi lecteur de cette critique qui a certainement vu cet anime à cet heure-ci, tu vas tout de suite crier ton incompréhension sur ce titre. Sache seulement que Fan-Service ne veut pas forcément dire petites culottes et sous-entendus pervers, mais consiste à présenter dans une œuvre tout élément susceptible de satisfaire les désirs des spectateurs, je te laisse deviner à quelle fin (indice : ça commence par F, en 4 lettres). Et en cela, Gate est entièrement un Fan-Service en lui-même et je m'en vais t' expliquer pourquoi.

Passé le premier élément indiquant une intrigue aussi insipide que tout bonnement mauvaise, à savoir une introduction bâclée où le héros est jeté directement dans l'action en nous laissant dans le flou total, on se retrouve plongé dans un univers mêlant contemporain et Medieval Heroic Fantasy, avec à la clé une guerre entre les deux populations de ces deux macrocosmes. On suit ainsi un capitaine des Forces Japonaises d’Autodéfenses, envoyé avec son équipe comme émissaire de paix par le bloc contemporain.

Bon déjà, faut avouer que ce synopsis donne l'eau à la bouche : une guerre, de l'heroic fantasy avec de la magie, des dragons, des trolls etc... des armes d'époques différentes et sûrement un bon paquet d'actions n'attendent qu'à nous faire passer un bon moment. Seulement voilà, si l'idée est bonne, la légèreté des choix scénaristiques est vraiment trop dure à avaler, surtout après les premières scènes, à savoir : quelques meurtres perpétrés sur le sol japonais après une offensive des forces médiévales unies (bon, c'est pas le bon nom mais l'important reste de différencier les deux factions), puis un massacre sur le sol médiéval perpétrés par les FJA, avec près de 100 000 morts. Tout cela laissait augurer un message humain bienvenu sur les conséquences ravageuses de la guerre à travers les faits d'armes et les stratégies de chacune des factions. Vous y croyiez, pas vrai? Que nenni !

A la place, l'auteur a préféré un truc beaucoup plus niais, préférant laisser aux oubliettes les dégâts causés par ces premiers évènements, encensant la nation et surtout l'armée japonaise qui, tout le monde le sait, est irréprochable (bon ça va, Nankin, c'était pas si dur que ça) et allant jusqu'à idéaliser le "métier" de soldat qui est franchement subversif dans ce genre d'intrigue. Alors oui, le rôle premier du soldat est de protéger, seulement quand on comprend l'intérêt économique qu'à le Japon à investir le monde médiéval (#ressourcespourplusdefloozenégrotoimêmetusais), ce rôle de soldat s'approche plus de la destruction et de la colonisation que de la protection. Sérieusement, c'est impardonnable et je pèse mes mots parce-que je comprends bien que ce genre d’œuvre n'est pas fait pour moi, mais le fait qu'il puisse toucher des jeunes allant de 10 à 16 ans en insinuant ce genre d'idées me donne mal au cœur. La scène du jugement a été une torture cérébrale proche du lavage de cerveau, je vous jure, donc ne vous y laisser pas prendre .

Bref, je disais : à la place on se retrouve à suivre le quotidien de notre chef de section otaku (......) dont le devoir est de faire connaissance avec le peuple de ce nouveau monde pour faire la paix avec celui-ci. Comme de par hasard, il aura à peu près 10 000 occasions de se faire bien voir par une partie de ce peuple et ne rencontrera jamais de réelles situations sérieuses on l'on pressentirait un quelconque danger. Il ira même jusqu'à sympathiser avec toute une flopée de personnages : une elfe, une jeune magicienne, des chevalières et on ajoute aussi une prêtresse centenaire d'un dieu de la mort aux allures et attitudes de gamine. Bref, on fait en sorte de coller au maximum au principe du fanserv... du synopsis, mais ça va, c'est pas trop mauvais comme idée (faites la paix, pas la guerre) Non, le vrai problème, je me répète, c'est la légèreté ! En ces temps troubles, on ne décrit pas une situation de guerre comme une situation de tourisme, surtout en faisant passer la pilule au spectateur bordel ! Certaines scènes sont justes trop immorales (défense d'une ville médiévale notamment) et l'ensemble du personnel des FJA ainsi que la politique générale du Japon sont trop clean pour être crédibles. Certes, le but n'est peut-être pas de les rendre crédible, mais dans ce cas, pourquoi avoir choisi de conserver l'aspect contemporain? Quoique, j'ai ma petite idée.

Les moments les plus intéressants ne sont malheureusement arrivé que vers la fin, quand l'intrigue politique vient s'immiscer à l'histoire avec notamment les complots fomentés par les autres pays contemporains jusque-là écartés (on crache sur les autres pays en question mais le Japon reste clean malgré tout, hein?). Là on s'approche d'une image plus proche de la réalité. J'espère que la suite de l'anime va suivre cette voie, même si c'est mal barré.

En soi, Gate n'était pas une mauvaise idée ; on comprend bien que c'est un anime semblant être fait pour divertir le spectateur, ce qui n'est pas une mauvaise chose quand on y réfléchit, seulement il y une manière pour le faire... L'auteur ne peut pas se permettre de faire de son œuvre pour jeunes une espèce de campagne de recrutement pour l'armée en incorporant tous les éléments susceptibles de le séduire dans ce but en omettant sciemment des énormités comme les conséquences désastreuses que peuvent avoir la guerre. Dans ce cas, autant omettre également les premiers massacres et tout simplement faire croire à la découverte d'un nouveau monde, ce qui serait moralement plus acceptable. La niaiserie et la légèreté sont compréhensible, n'oublions pas que ce sont tout de même les éléments de base du Fan-Service. Honnêtement, sans ces énormités absolument choquantes, j'aurais sans doute mis un beau 7/10. A la place, je mets un 3/10 bien dégueulasse et je condamne l’œuvre.

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