Une série rafraîchissante, agréable mais terriblement brouillonne

Avis sur Glee

Avatar Rakanishu
Critique publiée par le

[Critique de la saison 1, très courte MAJ sur la S2, seule autre que j'ai vu, en fin d'article]

Il n'est pas étonnant de voir que le monde des séries tente de faire son High School Musical vu le succès des films. Il est en revanche plus étonnant d'y voir à la barre Ryan Murphy, créateur de Nip/Tuck, série où sexe cru et opérations chirurgicales filmées en gros plan ou presque sont légions.

== Dans High School Musical, il y a High School ... ==

Glee reprend donc l'univers lycéen d'un High School Musical, mais l'accomode à une sauce légèrement plus trash. Ici, on est pas forcément vierges et on attend pas 6 mois avant de se tenir la main ni 8 mois de relation avant le premier bisou. Ici, on sait ce qu'est la drogue et il arrive même qu'on en consomme. Une école où règne le stupre et la luxure donc.

Cet univers moins rose bonbon et niais a permis à la série de s'assurer ma sympathie, surtout que celle-ci ne se prend pas du tout au sérieux. Bourrée d'humour (plutôt potache) et de second degré, elle est peuplée de personnages certes stéréotypés mais aux caractères bien trempés : Rachel Berry est hautaine, pourrie-gâtée et adore rappeler à quel point elle est meilleure en chant que tout le monde, le coach Sue (mon personnage préféré), est LA méchante de la série avec des répliques hilarantes et des plans débiles pour détruire le Glee Club.

C'est d'ailleurs aussi un des problèmes de la série : si les personnages sont bien écrits, ils ne sont néanmoins pas très sympathiques : le footballeur bénêt reste un gros idiot épisode après épisode, Rachel reste arrogante même quand elle s'en prend plein la gueule ... Ceux-ci n'évoluent guère dans la série, mais cela n'empêche pas de les rendre attachants, étonnamment.

Bon, j'ai dit que l'école baignait dans le stupre et la luxure, mais sachez qu'en fait l'univers reste gentillet et la série se permet quand même de nombreuses incursions kikoo, mais qui passent généralement bien. Il faut dire que les personnages sont tous des "losers" en puissance : la black énorme, l'handicapé en chaise roulante et à lunettes, ils sont nombreux à cumuler les tares (et encore, je parle pas du gay sans goût !). Et forcément, les épisodes seront une occasion de découvrir que l'handicap c'est pas si grave, qu'on peut devenir populaire même si on est grosse et noire, que pour draguer un handicapé il n'est pas nécessaire de se faire passer soi-même pour un handicapé car ce qui compte c'est la beauté intérieure, ce genre de choses.

Mais le problème de la série vient de ses scénarios. Non pas qu'ils soient inintéressants, mais il est juste très difficile de se sentir concerné par la plupart des choses se passant à l'écran. Les 13 premiers épisodes de la série s'en tirent encore bien, grâce à des fils rouge sur des grossesses cachées par deux des personnages du casting et sur un gros concours de chant qui se profile au loin. Mais après, le principal défaut de la série, à savoir son côté brouillon et décousu dans les scénarios, se fait encore plus appuyé.

Ainsi, des histoires commencées lors d'un épisode ne continueront que 5 épisodes plus tard, tant et si bien qu'on avait limite oublié qu'un couple s'était formé par exemple. La timeline de la série est aussi bizarre, des trucs semblant prendre des semaines alors qu'il ne se passe qu'une journée. Des sous-intrigues tombent comme un cheveu sur la soupe pour être virée aussitôt (un élève qui tombe amoureux de son professeur pour des raisons débiles). Enfin, les réactions des personnages sont des fois à la limite du surréaliste, tant et si bien que les personnages s'engueulent et sont outrés par ce qu'ils viennent de vivre alors que le spectateur lambda est devant sa télé en train de se dire "Mais WTF, elle lui a juste donné un billet de 10$ ?" (cette situation n'existe pas, mais ce serait trop raconter de décrire les situations en question).

Bref au niveau scénario, on a vu mieux, la série partant un peu dans tous les sens en se rattrapant rarement aux branches, comme si elle se cherchait encore de ce point de vue là. Comme c'est la première saison et qu'à mes yeux les scénaristes n'avaient pas deviné un tel succès, je passe pour l'instant l'éponge, en attendant une seconde saison mieux pensée de ce point de vue là.

Enfin, grâce à Glee, je sais maintenant qu'on peut prétendre être enceinte en se mettant un coussin sur le ventre et continuer à dormir dans le même lit que le présumé père. Il suffit probablement simplement de gonfler le ventre la nuit ou de crever les yeux du mari.

Heureusement, ce côté brouillon dans les histoires est rattrapé par les musiques.

== ... mais y'a surtout Musical ==

Bon, vous le savez probablement déjà, mais Glee est une série-comédie-musicale. Vu le nombre de chansons par épisode (entre 3 et 6, certaines étant très peu coupées voire pas du tout), il vaut mieux un minimum apprécier les comédies musicales, sinon vous passerez à côté de 50% de ce qui fait le charme de la série.

Un bon point à mes yeux : toutes les chansons de Glee sont des reprises, de bonne voire d'excellente facture. En choisissant cette direction, les créateurs peuvent se permettre d'être plus faignasses niveau création, mais cela permet surtout de ne pas perdre le spectateur, car il reconnaîtra forcément au moins une chanson dans le lot au cours d'un épisode (plutôt que d'être face à 6 chansons inconnues et pas forcément facile à assimiler à la première vision). Je dis "au moins une chanson" car à moins d'avoir une culture musicale de fou, il sera difficile de toujours tout connaître, tant la série tape large niveau références musicales : comédie musicale Les Misérables, Beatles, Bon Jovi, Beyoncé, Queen, The Supremes ... Ca fait plaisir de voir que la série ne se limite pas aux classiques pop des 10 dernières années et permet même aux petits curieux d'approfondir leur culture musicale pour certains "tubes". J'ai pu découvrir grâce à la série des chansons telle que "Don't Rain On My Parade", interprétée avec brio par Lea Michele.

Si beaucoup de reprises sont proches des originales, la série se permet quelques détournements bienvenus. Les reprises peuvent se voir adopter un autre style musical, une autre tonalité, ou mélangées au beau milieu d'une autre chanson. Et bien sûr, les chansons à chanteur unique sont rares, la série aimant privilégier les duos mais se permettant quelques incartades avec 5-6 chanteurs donnant de la voix dans la même chanson.

== En conclusion, ça vaut quoi Glee ? ==

Glee, en conclusion, ce sont des personnages bien ancrés, des dialogues excellents, une bonne ambiance qui donne envie de dodeliner de la tête, de la bonne humeur constante et palpable, des chansons qui poutrent souvent, mais un tout gâché par des scénarios mauvais. Mince.

Mais c'est génial quand même :3

Mes conclusions après la saison 2

Hélas, tout ce que je craignais est arrivé avec la saison 2. Encore assez agréable (et j'imagine que c'est le cas pour la série en générale), elle est malheureusement ultra plombée par tous les défauts qui étaient apparus dans la saison 1. Les intrigues sont donc rarement intéressantes, les personnages toujours aussi peu attachants malgré des trucs des fois horribles leur arrivant, l'humour devient de moins en moins présent et les chansons deviennent plus un support de promo qu'autre chose, des épisodes étant entièrement dédiés à Britney ou autres.

J'ai décidé d'arrêter après cette saison, me disant que la saison 3 ne ferait qu'aller encore dans ce sens.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 2151 fois
38 apprécient · 2 n'apprécient pas

Autres actions de Rakanishu Glee