Gotham Project

Avis sur Gotham

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[Critique avant la reprise de la saison 3, que j'attends avec impatience]

Brisons la glace

La série Gotham m'a attiré pour deux raisons principales :
1) Je suis fan du monde de Batsy
2) J'ai vu le nom de Bruno Heller des dizaines de fois devant The Mentalist. A partir de là, excitation et appréhension se mêlent en attente des premiers épisodes.
Je veux préciser que cela ne me choque pas de ne pas voir le Chevalier Noir dans cette série, je ne l'attendais pas et ne m'attends pas à le voir (sauf au dernier épisode peut-être?) : la série s'appelle Gotham, pas Batman ou Bruce Wayne les gars. Alors ne la comparez pas aux séries de la CW (Flash, Arrow) qui elles parlent de super-héros. Ici, c'est sur Jim Gordon que l'intrigue est centrée, et sur la vie avant que le jeune Wayne ne se déguise en chauve-souris. Et c'est peut-être ça la force de la série. La série se passe donc des années avant toutes les aventures connues, au moment où les parents de Bruce Wayne sont assassinés. Ah, je vous ai spoilé?

Des débuts "Double-Face"

Le principal problème de la série est probablement le même que pour toutes les séries de ce type : à quel point doit-on rester fidèle à l'oeuvre originale? Trop s'en rapprocher empêche la créativité et peut lasser. S'en éloigner, c'est risquer de dénaturer les origines tout en s'attirant les foudres (ô combien fréquentes) des fans prêts au bashing. Les premiers épisodes titubaient : là où de trop nombreux personnages sont introduits, le spectateur est littéralement gavé d'informations. On arrive à penser que le but est de satisfaire en disant "Hey les gars, z'avez vu, on a remis plein de méchants! On sait pas encore quoi en foutre, mais ils sont là! Tenez, on a même remis au Pingouin le slip qu'il portait dans le comics de Juin 1987!". Le pilot était vraiment trop rempli, et il a eu du mal à passer. Je peux comprendre que certains n'aient pas eu le courage d'aller vraiment loin dans la série. D'ailleurs, j'ai eu peur que cette série tombe dans le fan service : mettre de tout et faire du drama pour avoir des audiences auprès d'une majorité de personnes. Que nenni!

Gotham City : The Dark Night

On ne va pas se le cacher, Gotham est vraiment une ville de merde : elle est sombre, sale, mal fréquentée en bas et corrompue en haut. Et la série arrive à faire ressortir toute cette atmosphère nauséabonde, avec ses ruelles crasseuses et ses protagonistes tous plus tourmentés les uns que les autres. On ne se contente pas de voir les gentils flics contre les mauvais flics contre les vilains pas beaux. On voit Jim Gordon, encore loin d'être commissaire, balancé entre ses idéaux et la réalité à laquelle il fait face. Un Bullock désabusé, pris dans le système. Bruce Wayne est néo-orphelin, Alfred est badass (cet accent anglais est un plaisir auditif). Et nous allons découvrir une grande partie des ennemis de la chauve-souris avant que chauve-souris il y ait. "Before there was The Penguin, there was Oswald Cobblepot".

Le scénario connu d'avance? Hahaha! Joke's on you

Comme je viens de le mentionner, cette série risque de lasser si on se laisse aller à la facilité en suivant trop les comics. Après un pilot dense et brouillon, j'avais peur que les épisodes tombent dans l'excès de zèle pour plaire aux fans. Pour autant, les choses se décantent peu à peu, et libertés prises par rapport aux comics permettent des événements inattendus. J'ai vraiment bien accueilli ces écarts, dans la mesure où j'ai pu être (très) surpris sans être déçu. J'ai une assez bonne culture sans pour autant être un pro du Bat-Univers, ce qui me permet à la fois d'attendre des événements, et de ne pas pouvoir les attendre. Cette phrase voulait-elle dire quelque chose?
Petit plus : de nombreux clins d’œil aux comics sont présents, même pour moi qui ne les connais pas bien.

Comme des pingouins dans l'eau

Ce qui ressort encore plus que l'ambiance sombre de cette série, ce sont les acteurs. Je trouve que la majeure partie de ceux-ci sont excellents. David Mazouz est très bon en jeune Bruce Wayne qui se cherche. Ben McKenzie assure parfaitement son rôle de jeune Gordon, entre impétuosité, honneur et excès d'humeurs tandis que Donal Logue est un excellent Bullock désabusé. J'ai eu un véritable coup de cœur pour Cory Michael Smith et Robin Lord Taylor. Le premier campe un Edward Nygma superbement tiraillé entre la raison et un comportement déviant. Le second est probablement l'acteur le plus en vue de la série : son interprétation d'Oswald Cobblepot est un véritable délice. Il est véritablement habité par son personnage et on est happé par ses faits et gestes. Mention spéciale à Cameron Monaghan (il a grandi le pote de Dewey) pour son rôle de Jerome Valeska, antagoniste au sourire à mi-chemin entre Nicholson chez Kubrick et Nicholson chez Burton...
Petit bémol pour Fish Mooney, qui bien qu'une très belle surprise aux débuts de la série, a fini par faire comme son Will Smith de mari dans Suicide Squad : prendre tout le lit face à la caméra...

Et la suite? Riddle me this...

BIEN SÛR, on sait que Gordon ne peut pas mourir maintenant, que même si Bruce Wayne est sur le point de se faire couper les deux jambes, ça n'arrivera pas, gna gna gna... A la fin de Breaking Bad, Walter White meurt, vous le savez dès le premier épisode, et vous avez regardé quand même non? Si vous le saviez pas, dommage. Ce qui compte, dans cette série comme dans d'autres où on connait la fin, c'est le comment et le pourquoi. Et on se prend au jeu.

"You either die a hero or live long enough to see yourself become the villain."

Pour moi, Gotham est une série complète qui mêle habilement des intrigues policières, du fantastique, du sombre et des personnages charismatiques. J'ai véritablement accroché à cette série et à cet univers connu, mais pas trop, qu'elle nous offre. Après, ça plaît ou pas, et il semble que je ne sois pas du même avis que beaucoup de gens tant les audiences de Gotham diminuent au fil des épisodes : le renouvellement n'est pas encore programmé d'ailleurs... Peut-être que la série aura été trop sombre et trop sérieuse pour plaire au grand public. Peut-être que c'était un exercice trop difficile par rapport à des séries plus "teenager" comme Smallville ou Arrow. Peut-être que j'ai des goûts de chiotte aussi, allez savoir.

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