halt and catch fire

Avis sur Halt and Catch Fire

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Dallas, début des années 80. L’informatique en est à ses balbutiements et le marché des ordinateurs personnels est sous le monopole du géant IBM. Mais un commercial charismatique (Joe) tente de convaincre un ingénieur brillant mais frustré dans sa fonction (Gordon) et une étudiante star de la programmation (Cameron) de se lancer dans un nouveau projet : développer le premier ordinateur portable ! Leur parcours sera semé d’embûches et se révélera être une course contre la concurrence et les financements. Le tempo général de la saison 1 est donc centré sur cet enjeu. Elle a ainsi son propre dénouement. Peut-être que les créateurs envisageaient un arrêt prématuré de la série en raison d’une audience qui restera jusqu’au bout confidentielle.

Les trois saisons suivantes seront en revanche liées entre elles. Le récit y est beaucoup plus éclaté et se concentre sur les trajectoires des quatre protagonistes (quatre car la femme de Gordon, Donna, va prendre de l’ampleur). Cette précision est importante car nous ne serons pas happés par une intrigue saisissante. La narration ne nous tiendra pas par la main pour nous entraîner vers les épisodes suivants comme ça peut être le cas dans « le jeu de la dame » par exemple et dans bons nombres de séries modernes. Ici, les personnages mènent leur vie et c’est nous qui décidons de les suivre ou pas. Cela demande clairement un effort plus important au spectateur. Il y aura ainsi des moments où on se sentira moins investi dans cette histoire qui ne s’appuie pas sur le sensationnel pour construire son récit. Cette manière d’écrire un peu désuète a longtemps fait le bonheur de grandes séries comme « les sopranos », « six feet under » et plus récemment « mad men » avec laquelle elle est souvent comparée.

En effet, dans les deux cas, nous sommes plongés dans une époque à l’aspect visuel bien typé et au sein d’un microcosme de travail très spécifique : en résumé, l’informatique dans les années 80. A ce titre, l’ensemble est formidablement bien retranscrit, de la musique écoutée à plein volume par Cameron aux coupes de cheveux. Quel plaisir alors de revoir ces gros ordinateurs qui pèsent deux tonnes et d’entendre le doux bruit strident des modems qui rappellera des souvenirs à certains(e). On revit aussi les découvertes successives des anti-virus, des moteurs de recherche, des premiers jeux vidéos... Tout cet univers est d’abord réservé à des geeks passionnés, les avancées se faisant parfois dans des garages. Mais petit-à-petit, cette niche va se professionnaliser, les petites boîtes se feront manger par les grandes, et la loi du marché prendra le dessus. La série s’arrête toutefois bien avant l’avènement des multinationales et les personnages de cette histoire sont avant tout des visionnaires précurseurs de ce que nous connaissons, capables d’accoucher d’une idée géniale et de vivre pour elle. Mais la recherche du profit contribuera lentement mais sûrement à transformer cet artisanat en industrie féroce.

Et c’est là tout l’enjeu des relations qui se noueront entre les 4 personnages de l’histoire. Comment concilier la passion novatrice aux obligations économiques d’un marché en plein essor ? Les directions prises par chacun d’entre eux seront différentes, ce qui entraînera bien souvent des tensions et des ruptures. Un monde sépare en effet Cameron et son intransigeance intègre de celui de Donna, moins réticente à succomber aux sirènes du capitalisme. De même, comment faire confiance à un commercial manipulateur et idéaliste comme Joe quand on s’appelle Gordon, que l’on est pragmatique et qu’on veut juste fabriquer des machines qui marchent ? Chacun d’eux évoluera au gré des événements et ce sont ces différents parcours individuels que la série nous invite à suivre. Et c’est ce qui est formidable car au moment de faire le point sur ce que sont devenus professionnellement et humainement les personnages en comparaison avec ce qu’ils étaient lors des premiers épisodes, on se dit qu’on a été heureux de les suivre tout du long. L’exemple le plus frappant est peut-être celui de Joe. C’est sans doute le personnage qui nous aura procuré le plus de sentiments paradoxaux. Mais quoi qu’il en soit, soyez sûr qu’à un moment, tous les 4 vous feront sourire, vous agaceront ou vous toucheront. Mais quand la dureté de le vie viendra frapper à leur porte, ils n’oublieront pas qu’au fond, leur lien est indéfectible et qu’ils se sont construits ensemble malgré les divergences qui les ont longtemps séparés tout au long de ces 4 saisons humaines et sensibles.

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