Jojo's (less) Fabulous Adventure

Avis sur JoJo's Bizarre Adventure: Stardust Crusaders :...

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Les aventures des Joestar reprennent à la fin des années 80 quand Jotaro, le nouveau Jojo, et son grand père Joseph, l’ancien Jojo, doivent faire face au retour de Dio, le méchant de Phantom Blood. À noter que cette série de 2014 retranscrit un manga écrit entre 1989 et 1992.

Le mangaka Araki rebat les cartes (de Tarot)

Blague de merde : check.
Effectivement, fidèle à la tradition des Jojo’s, Stardust Crusaders nous propose de nouveaux personnages, de nouvelles ambiances et de nouveaux pouvoirs. Exit le Hamon, place aux Stands, sortes d’apparitions fantomatiques basées sur les cartes du Tarot.

Après avoir exploré les films de vampires dans Phantom Blood et d’aventures à la Indiana Jones dans Battle Tendancy, Araki nous propose un voyage à la Jules Vernes —Le Tour du monde en 80 jours est directement référencé— dans la première partie de Stardust Crusaders. Le tout est saupoudré de références du cinéma d'horreur pour les stands et les péripéties (voir en fin de critique). Dans l’ensemble, le centre de l’attention d’Araki s’est élargi, passant du seul monde occidental à quelque chose de plus cosmopolite, plus mondial.

Et à nouveau, la série se métamorphose en plein milieu. Dans sa seconde partie, sous-titrée Battle in Egypt, on se rapproche plus d’une enquête policière, alors que les Crusaders doivent trouver le manoir de Dio au Caire. Jusqu’à ce qu’ils y fassent leur entrée, le ton est plus léger, souvent comique. Plus exactement, on alterne méthodiquement un combat sérieux —souvent très bien fichu— avec un combat humouristique —humour type pipi-caca—. Ah, et exit le Tarot, bonjour les dieux égyptiens. Why not.

Finalement, il n’y a que deux constantes. La première, c’est le thème familial. Jojo et Joseph cherchent à sauver Holly, Polnareff à venger sa soeur, Kakyoin trouve une sorte de famille de substitution chez les Crusaders, et Avdol… aussi ? Peut-être ? Je sais pas bien.
La seconde, c’est la prévalence de la forme (avec toujours des références à la mode, au pop-art, au cinéma et à la musique) par rapport au fond. Pourquoi les stands ? Pourquoi le Tarot, ou les dieux égyptiens ? Parce que ta gueule. Certains s’en accommoderont parfaitement, moi ça m’a toujours fait tiquer.

Un "échange équivalent" ?

Ma réponse courte : pas vraiment. Et pas vraiment dans le bon sens non plus.

Commençons par ce que j’ai trouvé de bon, voire de mieux par rapport à la première série. L’animation s’est encore améliorée. Les combats sont franchement bien fichus —enfin, pas tous—. Ce qui n’était pas gagné sur le principe, car je trouve que voir deux personnes se castagner par monstres interposés, c’est moins percutant (badum tss). Celui que j’ai probablement préféré est la partie de poker contre D’Arbi.

Les personnages sont tous très bons, en particulier Joseph et Jotaro. J’aime beaucoup l’évolution du personnage de Joseph, devenu grand-père mais pas retiré pour autant. Élégamment, son diminutif passe de Jojo à Jiji (grand-père). Jotaro le taciturne est très charismatique et se forge sa propre place dans le panthéon des Joestar, après Jonathan le chevaleresque et Joseph l’espiègle. Dio est… bon. Pas extraordinaire, pas le meilleur méchant de tous les temps comme on me l’a parfois sur-vendu, mais très correct. Surtout, la manière dont la série fait monter le suspense quant à son stand marche du tonnerre.

Maintenant, ce qui m’a déçu. D’abord le rythme. La première partie est très linéaire et pas si passionnante à suivre —ça dépend complètement de la qualité du combat contre l’ennemi—. Et l’alternance de ton dans Battle in Egypt est trop prévisible. Tu viens de voir un combat passionnant et tendu ? Tu sais que le suivant va être un peu moisi, même si ça peut être drôle.
Paradoxalement, je trouve que les épisodes sont individuellement beaucoup mieux rythmés par rapport à Phantom Blood, qui avait également des problèmes de rythme.

Mais surtout, le style a un peu changé. La série est moins exubérante que la première, ce que je trouve fort dommage, parce que si le fond des Jojo est toujours un peu faiblard, c’était un délire WTF super sympa à mater. Il y a toujours des changements de couleurs improbables ou des tenues extravagantes, mais c’est nettement plus classique dans l’ensemble. Idem, on ne sent plus —ou beaucoup moins— la vibe homo-érotique de Battle Tendency. Par contre, le traitement des femmes reste toujours aussi anecdotique.

Bref, avec Stardust Crusaders, JoJo’s Bizarre Adventure se renouvelle encore une fois. La série reste fort sympathique, mais tandis que cet arc est souvent considéré comme le meilleur, je ne peux m’empêcher d’être un peu déçu et de lui préférer Battle Tendency —ce qui explique ma note sévère. Malgré tout, je continuerai de regarder avec intérêt les aventures bizarres des Joestar dans Diamond is Unbreakable.

Bonus :
Voici une petite liste de références de films utilisées pour certains Stands. Je ne prétend pas du tout qu’il s’agisse des véritables inspirations d’Araki, mais en tout cas, c’est ce à quoi j’ai pensé en découvrant les stands ou les épisodes qui leurs sont liés.

The Exorcist (1973) — The Hierophant
Christine (1983) — Wheel of Fortune
Chromosome 3 (1979) — The Empress
Chucky (1988) — The Devil
Le Bateau de la Mort (1980) — Strength
The Fog (1980) et The Shining (1980) — Justice
The Thing (1982) — Temperance
Creature from the Black Lagoon (1954) — The Moon
Fantastic Voyage (1966), Night of the Creeps (1986)/Star Trek II (1982) — The Lovers
Nightmare on Elm’s Street (1984) — Death
Alien (1979) — The Tower

Pour finir, deux références que j’ai trouvées sur internet :
The Midnight Sun (The Twilight Zone, 1961) — The Sun
Mirror Mirror (Amazing Stories, 1986) — The Hanged Man

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