Quand on fait de l’Histoire une histoire

Avis sur Le Bazar de la Charité

Avatar Sam Blanc
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Le Bazar de la Charité est un événement historique réel & tragique qui a fait couler beaucoup d’encre, et qui aurait pu donner une excellente trame pour une série annoncée comme étant tonitruante. Mais il n’en est rien.

Les décors sont plutôt bons, les costumes le sont et le cadre de vie des personnages reflète plutôt bien l’atmosphère de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie d’antan.

L’aspect positif s’arrête violemment ici. L’affaire réelle est torturée par le combat idéologique propre à Netflix ; féministe, libertaire et égalitariste. Netflix et TF1 ont été malins : le destin croisé des trois femmes a été savamment déplacé de la convalescence à la suite du tragique événement, à cette volonté d’émancipation féministe, impertinent en l’espèce.

La leçon à retenir de cette série n’est autre que l’homme est responsable dans cette histoire. Responsable d’avoir écrasé et piétiné les femmes sur son passage. Responsable d’avoir âprement frappé les femmes avec sa canne pour qu’on le laisse coléreusement s’extirper du marché. Responsable de décider à la place des femmes sans que jamais il ne leur cède une once de liberté.

Pourtant, la série omet copieusement de mentionner que le public était composé quasi-exclusivement de femmes lors de la journée du mardi 4 mai 1897 (rappel chronologique presqu’inexistant dans la série). Pour 1500 femmes, il n’y eut à peine que 40 hommes. Sur les 20 comptoirs qui exposaient, seul un fût un homme, le baron de Shickler.

Encore un magnifique tour de magie par la création de Catherine Ramberg : le titre « qu’on fait les hommes » à la une de l’Echo de Paris le 14 mai 1897 fut, dans la réalité historique des faits, écrit par une journaliste féministe engagée du nom de Séverine. Dans la série, on la subroge par un homme quelconque histoire de faire passer la pilule de notre combat à tous ; le féminisme.

Le Bazar de la Charité n’est en réalité rien d’autre que l’Histoire de France, notre Histoire, regardée, jugée et réécrite par des engagés modernistes sous l’égide trompeuse de la doxa dominante.
Le Bazar de la Charité n’est en réalité rien d’autre, de surcroît, que la mise au pilori paroxystique de l’homme blanc, propriétaire et hétérosexuel. Oui. Exit les atrocités des anarchistes perpétrés le long du XIX° siècle. Exit la noblesse d’âme de certains aristocrates encore à cette époque, puisque tous d’entre eux sont responsables d’être les méchants conservateurs face aux gentils anarchos.

Par ailleurs, à la toute fin, pour couronner l’intégralité de la farce qu’ils ont fait de ces faits, aucun écran titre nous rappelle ô combien tragique fut cet événement, ni l’élément déclencheur de l’incendie. Ni le nombre précis de morts. Ni l’emplacement précis de l’incendie. Ni quels ont été les véritables héros de cette affaire.

Catherine Ramberg, si tu lis mon commentaire, peut-on te rappeler que l’Histoire est uniquement celle que les faits ont voulu qu’elle soit. Pas celle que les débats contemporains aimeraient qu’elle fusse.

Car de cette véritable affaire, tu en as fait un pâle feuilleton.

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