Une rose au Ciel

Avis sur Le Nom de la Rose

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Du célèbre film des années 80 au bien beau casting, je n'ai que des bons souvenirs, mais plus par flashs de certaines scènes et par l'ambiance marquante. Je ne comparerai donc pas les deux oeuvres, considérant cette série internationale, de par sa production et son casting, dans son intégrité.

Et puisqu'on parle de casting, cette dernière bénéficie d'un solide générique s'il en est. John Turturro et Rupert Everett sont monstrueux dans leurs jeux, le premier en ancien inquisiteur n'ayant jamais brûlé personne, maintenant enquêteur appartenant à l'ordre des Franciscains, prônant la pauvreté matérielle, le deuxième en inquisiteur papal tourmenté, appartenant à l'ordre des Dominicains, réfutant les théories franciscaines et essayant de conserver leur pouvoir.

Ces deux acteurs sont habités par leurs rôles. J'ai toujours trouvé Turturro très sous estimé, et avec cette performance, comme celle dans la série "The night of", il prouve tout son talent. Pareil pour Everett, trop rare ces dernières années dans des rôles marquants.
Un beau duo incarnant tout le schisme de l'Eglise en cette periode troublée du XIVe siècle qui sert de cadre à l'histoire de Eco. L'un empli de compassion, capable de nuancer et de comprendre, posé et erudit, l'autre tourmenté par les interdits prônés par la Sainte Eglise, et donc d'autant plus cruel par frustration interposée, n'hésitant pas à torturer pour entendre la vérité qu'il veut entendre avant de condamner quoi qu'il arrive. A ce propos, un des episodes opposant ces deux protagonistes lors du procès de Remigio, est de toute beauté, visuelle et théologique.

Le reste du cast n'est pas pour autant affaibli par ces deux géants, au contraire, qu'ils soient premiers ou seconds rôles, connus comme Richard Sammel (excellent en sournois Malachia), Michael Emerson (impeccable Abbé pas franc du collier) ou James Cosmo (convaincant en aveugle cachant bien son jeu), ou inconnus hors de leurs pays comme Fabrizio Bentivoglio (grande performance en Remigio !), Greta Scarano (magnifique sauvage) ou Stefano Fresi en Salvatore puant.
Finalement il n'y a que le jeune Damian Hardung en Adso qui est un peu fade. Ça va mieux avec l'avancée de la saison, mais dans mon souvenir Slater avait plus de présence et de charisme. M'enfin rien de rédhibitoire.

Des acteurs crédibles c'est bien. Mais encore faut il que la réalisation suive et surtout que l'ambiance nous saisisse d'entrée. Et c'est le cas. Je me suis retrouvé plongé d'emblée dans cette abbaye bénédictine enneigée, où les crimes se succèdent, où le mystère reste epais jusqu'au final, où les non dits et autres manigances nous emmènent sur des fausses pistes et autres impasses.
Le labyrinthe de la vénérable bibliothèque est un peu trop sage dans la complexité supposée et l'esthétisme général, mais pour le reste, l'atmosphère glaciale est bien rendue entre ces pierres epaisses.
Les dialogues sont parfois pointus sans etre assommants, et les silences sont bien placés, parfois aussi importants qu'un discours enflammé.

C'est rare quand je conseille de voir une oeuvre en V.O, mais ici cela me parait primordial, les différentes nationalités incarnées par tous ces acteurs aux origines diverses, se retrouvant dans les accents, leurs interactions.

Une série fidèle et visuellement réussie, portée par un casting de classe internationale, qui mériterait une plus grande exposition et un plus grand succès.

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