Années 70, hippies et meurtres en série...

Avis sur Le Serpent

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Au milieu des années 1970, à Bangkok, le serpent raconte l'histoire du tueur en série Charles Sobhraj et de sa complice Marie-Andrée Leclerc.
Sous les faux noms d'Alain et Monique Gautier, le couple se fait passer pour des diamantaires et revend des pierres précieuses volées à des routards. Ils droguent, volent et tuent de jeunes hippies routards, leur subtilisant leur passeport et leur argent. Herman Knippenberg, un diplomate néerlandais, commence à enquêter sur les meurtres de touristes néerlandais.

Le Serpent (The Serpent) est une mini-série policière britannique en huit épisodes créée par Richard Warlow et Toby Finlay diffusée en 2021 sur Netflix.

Amateur de produits culturels sur les serial culturels et biopics, appréciant les régions où se déroulait l'action du serpent (Inde, Thailande, Népal...), je me suis lancé dans le visionnage de cette série qui m'a finalement un peu laissé sur ma faim. Si l'adaptation de cette histoire vraie est bonne et semble t-il plutôt réaliste, certains de ses choix artistiques et caractéristiques ne m'ont pas convaincu.

Huit épisodes, c'est long...
Coté volume, la série se serait révélée surement plus haletante avec 6 épisodes au lieu de 8. En effet, l'intrigue débute trop lentement avec, pour chaque épisode, le même scénario répétitif durant la première moitié de la saison. Sobhraj, son acolyte Ajay et Monique accueillent assez régulièrement un ou 2 routards dans un hotel de Bangkok où ils louent un appartement. Ils gagnent rapidement leur confiance parce qu'on était impardonnablement naif dans les années 70 et proposent de leur vendre des pierre précieuses, proposition qui essuie presque systématiquement un refus... Les routards boivent alors le cocktail maison proposé par Sobrahj, s'évanouissent ou vomissent tripes et boyaux pour finir assez rapidement noyés, brulés ou poignardés.
Le coté répétitif et mécanique de l'entreprise criminelle raconté plusieurs fois par épisode devient rapidement un peu monotone surtout que l' on n'a pas vraiment le temps de s'attacher aux personnages....

Casting
On se dit qu'un serial killer aussi "pourri", dénué de scrupules et machiavélique que Charles Sobhraj devait être un tantinet charismatique pour accrocher ses victimes et entrainer ses complices dans sa croisade meurtrière.
Que nenni....je n'ai pas trouvé Tahar Rahim (Pourtant bon acteur) très convaincant dans le rôle de ce sinistre personnage manipulateur, narcissique, brutal et peu séduisant d'origine vietnamienne qui prétend avoir eu une enfance difficile. La fascination qu'il exerce sur son entourage est un peu tirée par les cheveux.

Jenna Louise Coleman n'est pas davantage crédible dans le rôle de Monique, la routarde venant du Québec. Sous influence et sans personnalité, Monique devrait arrêter de fumer, ce défaut ne lui donne aucune contenance...bien au contraire. Les ressorts psychologiques qui la meuvent sont incompréhensibles. Plongée en permanence dans le En même temps, conjuguant complicité et déni, la québécoise a un comportement le plus souvent incompréhensible.
Sobhraj lui est, de plus, notoirement infidèle sans que cela ne la fasse réagir...

Evoquons enfin une amie du trio d'assassins, Nadine, qui finit par comprendre les manoeuvres criminelles du trio. Elle accepte d'aider Herman Knippenberg, un diplomate néerlandais, à mettre hors d'état de nuire le serpent et ses acolytes. Prenant son rôle très au sérieux, elle va passer son temps à se mettre en danger inutilement pour rassembler des preuves et essayer de faire arrêter Sobhraj, parvenant plus que difficilement à prendre ses distances avec lui...

Narration
La narration de la série est de façon permanente soumise à des flashbacks incessants qui rendent son suivi parfois pénible. Le serpent, de par son script, bénéficie de peu de coups de théâtres, j'avoue avoir eu quelques difficultés à m'attacher aux protagonistes de la série d'où mon sentiment partagé. Ce n'est finalement qu'au terme d'un dernier voyage d'un Sobhraj, jusque là intouchable, que le spectateur entrevoit un dénouement moral qui tardait à venir.

Ma note: un petit 6/10

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