Porteur de lumière, porteur de misère

Avis sur Lucifer

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Le maître des Enfers, rongé par la passion et la sensibilité des mortels, voit son voyage croiser le divertissement au profit d’une série policière typique. Si le « diable » en personne se laisse séduire, il ne fallait pas plus qu’un comic-book, dérivé du « Sandman » de Neil Gaiman pour que la Fox s’en empare. Le réalisateur Tom Kapinos adopte alors une lecture simpliste et modérée du contexte. Le mythe chrétien s’ancre donc dans une réalité qui suscite le renouveau. Le visiteur impromptu et inattendu, qui viendra chambouler un petit cercle sournois et vicieux, n’est autre qu’un messager d’espoir. La dichotomie du Bien est du mal est à l’étude, où les héros entretiennent des relations fermées selon leur affinités avançant à sens unique.

Nous suivons alors, Lucifer Morningstar (Tom Ellis), l’ange déchu qui n’a pas d’autre vocation que de partager ses désirs. A la rencontre du détective Chloe Decker (Lauren German), la curiosité s’empare de tout est reste le seul facteur positif à l’expérience peu originale. La complicité entre ces deux opposés est bénéfique afin que l’humour embrasse correctement notre attention. Or, les dialogues se perdent dans un constant flot de détails alarmants. La narration, en général, souffre d’un cruel manque de subtilité et le caractère prévisible de chaque épisode se renoue au suivant, et ainsi de suite. Le schéma persiste à rendre l’aventure redondante. Au final, on présente tellement peu de personnages secondaires que le mystère se dissipe rapidement. Les profils des suspects sont alors peu approfondis, au détriment des « héros » dont on suit une importante évolution sur le plan émotionnel. Par ailleurs, il faudra attendre les fins de saison afin de provoquer un cliffhanger indéchiffrable, voire incohérent à l’intrigue qui le précède.

En soi, la série se résume à des conflits familiaux, côtoyant le surnaturel afin de pallier le manque d’originalité. Cependant, les valeurs restent les mêmes et se généralisent souvent pour le spectateur non adepte de la sphère divine. On aboutit à une évolution morale où la vertu finit par l’emporter sur la passion. Le cercle est restreint à du simple divertissement. L’humour et l’autodérision vont de pair dans la cohérence du genre et du mythe. Amenadiel (D.B. Woodside) est sage, Maze (Lesley-Ann) punit, Dan Espinoza et Trixie comblent un le background de la détective. Quant au docteur Linda Martin (Rachael Harris), elle résume la situation mentale de ses patients, s’enchainant comme des entretiens les déviant de leur volonté. Il est alors question de rébellion et Lucifer semble bien placé pour camper derrière ce mouvement.

Enfin, « Lucifer » opte pour une étude des péchés, au sens propre comme au sens figuré. La notion de justice, découverte par un initié du mal, reste plaisante, dès lors que le personnage porte en lui le miroir de l’humanité. Il s’agit alors d’un paradoxe où les hommes sombrent dans la débauche, dans l’égarement et la perdition au fil des enquêtes menées par le duo d’enquêteurs. On se rend compte que l’un ne peut subsister sans l’autre. Et dans le compromis, où le quiproquo tient le secret identitaire en laisse, on y découvre que bien et le mal sont complémentaires. La balance est rarement identifiable et le ton manichéen aura de quoi apaisé le visionnage, sans pour autant nous extirper d’un ennui imminent. Tout le sens d’émancipation est donc lié au cycle divin, qui comble le public en valeurs spirituels et applicables à un moment donné de sa vie.

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