"Le pouvoir ne se donne pas, il se prend"

Avis sur Marseille

Avatar Alexandre Coudray
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Première production française Netflix, "Marseille" bénéficiait d'une jolie aura avant sa sortie. Une fois les épisodes visionnés, tout le monde s'en est donné à coeur joie pour taper sur la série, critiquant à tour de bras le scénario cousu de fil blanc, les péripéties et rebondissements dignes des "Feux de l'amour", une réalisation sans souffle (si l'on excepte la beauté du générique), une interprétation ridicule et des dialogues hilarants. Tous ces défauts, il est vrai, sont bel et bien présents dans la série. On a un potentiel énorme totalement gâché par un scénario paresseux préférant aligner les bonnes répliques ("Vous ne trouvez pas ça bizarre qu'on se touche le zob en parlant de Picasso ?", "A part ma queue, qu'est-ce que tu veux ?") plutôt que de soigner sa construction dramatique. Là, on est carrément dans un soap qui ne s'assume pas et qui vise le statut de grande série. "Marseille" est pourtant loin de là. Si au début, on s'amuse de ces dialogues soit ineptes soit trop recherchés pour faire vrai et qu'on sourit devant l'accent marseillais que Benoît Magimel tient vraiment une scène sur deux, on finit par s'agacer de cette accumulation de scènes barbantes bourrées de bons mots et de ces personnages terriblement caricaturaux (en témoigne celui de Géraldine Pailhas, condamné à tirer la tronche et à être déprimé pendant 8 épisodes). Si l'affrontement entre Depardieu (en pilotage automatique, livrant le minimum syndical mais bon le minimum syndical chez lui, ça reste au-dessus de la moyenne) et Magimel (pas convaincant malgré son charisme) est le coeur du récit, on se retrouve avec des personnages parasitant un récit sans grande saveur (une histoire d'amour entre la fille du maire et un jeune de banlieue). Pas crédible pour un sou, caricaturale, "Marseille" se laisse tout de même regarder. Il faut dire qu'il s'y passe tellement de choses et que les situations sont parfois tellement risibles (les révélations de pacotille, les dialogues tournant autour du sexe) que l'on accroche à l'ensemble presque malgré nous, amusés et même impatients de savoir ce qui va nous attendre par la suite. On regarde donc l'ensemble de cette saison, lucides, contemplant un gâchis assez dingue avec la certitude que si cela aurait pu être mieux, cela aurait pu également être pire : ça aurait pu ne pas être drôle.

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