Plus belle Marseille

Avis sur Marseille

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N'ayant pas assez de place dans les commentaires liés à mon listing série 2016, voici un petit carnet de bord du visionnage de la série commandée par Netflix à Florent Emilio Siri. Marseille, ou l'occasion pour ce dernier de reconquérir ceux qui étaient sortis les yeux humides de la projection de son dernier "film".

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EPISODE 1

«J'te dis oui, putain, mais fait pas ça, j'te dis !» S'il te plait Siri, fais pas ça :(

Mis à part 2/3 plans un peu plus recherchés, la mise en scène de Marseille est du niveau d'un soap télévisuel basique. Quand on connait le talent de Siri, c'est tristement surprenant.

Niveau acteurs, c'est un défilé d'approximation. Mention spéciale à la fifille à Gégé qui est le seul à surnager dans un océan décidément bien tiède. Et qu'est-il arrivé à la ganache de Magimel ? oO Encore l'oeuvre du Bistouri ?

Je poursuis, mais les larmes commencent déjà à couler ...:/

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EPISODE 2

«Hmmm, j'aime tes doigts ... la prochaine fois, tu devrais essayer dans des gants de cuir !» hein, quoi, oui, comment oO

Bon, après un premier épisode catastrophique, ça s'améliore de manière assez conséquente niveau mise en scène. Le scope manque toujours (je savais pas qu'on lui avait refusé, ptain la connerie), mais visuellement parlant, ça commence à avoir un peu de gueule. j'ai bien aimé l'enterrement au début, et même si c'est furtif et un peu maladroit, l'assaut de la mini est plutôt cool. Bref, tout en restant balbutiante, la réal commence à s'exprimer, ça rassure un peu pour la suite.

L'intrigue par contre est toujours aussi passionnante (sic) même si on se fait avoir par un petit cliff à la ricaine .... :D

Niveau acteur, c'est toujours pas la panacée, et le miscast se confirme pour la gamine à Gégé (ptain, elle et sa copine, c'est juste pas possible).

J'ai bien l'impression qu'il a été difficile pour Siri de prendre ses marques et de s'adapter au format série. Tout doit aller vite, on sent qu'il rush certains plans, et qu'il voudrait en faire plus, mais format 40 min oblige, il manque de temps. J'suis toujours convaincu de son savoir-faire, j'me dis que sur la distance, il peut apprivoiser l'exercice et améliorer ce qu'il propose.

Du coup, j'ai déjà un peu plus envie de poursuivre, avec l'espoir que Siri emballe un peu tout ça (et qu'il dézingue les maillons faibles rapidement :D).

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EPISODE 3

«"J'suis un crocodile prêt à t'arracher la gueule"» / Mon pauvre Gégé il n'y a bien que toi qui essaye d'arracher quoique ce soit.

Un épisode tout naze qui renoue avec la paresse du premier. A vouloir jouer le jeu des intrigues politiques et des drames sensibles, tout en oubliant que les dialogues qui les portent sont d'une importance capitale, Siri s'enterre. Peu d'action, beaucoup de face-à-face dialogués en mode Martine et les élections, de quoi se ronger les ongles et se demander si ça vaut le coup de continuer. Et pour parfaire le tout, le petit ami frustré arpente le chemin du grand banditisme de pacotille... on est pas sorti de l'auberge...

Bref, no Nadia en sous vêtements, no party, comme dirait l'autre.

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EPISODE 4

«Vous cherchez quelque chose [...] ? Oui, je cherche ton histoire...» Ben, t'es pas le seul Gégé :/

Siri sort le tractopelle de la grange et creuse tant qu'il peut. Entre les duels MSN à coups de textos assassins, les amourettes de collégiens pompeuses et les nouveaux caïds pré-pubères tout droit sortis du miel et les abeilles, il n'y a pas grand chose à sauver.

Mais là où Marseille fait fort, c'est au niveau de ses personnages féminins. Ce n'est pas compliqué, si l'on en croit la belle plume à l'origine de la série, il n'y a pas femme qui respire à Marseille qui ne se laisse embarquer pour une petite partie de jambes en l'air par un apollon entreprenant, que ce soit par pur intérêt ou simple plaisir d'être enfin considérée. C'est assez gerbant.

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EPISODE 5

«On dit que les pendus jouissent avant de crever. Vous jouissez vous quand vous mettez une cravate ?»

Marseille, poésie de chaque instant.

Il était difficile de faire plus vide que les épisodes précédents et pourtant, Siri y parvient. En dehors du duel Depardieu / Magimel (qui livre une partition honorable quand il laisse tomber l'accent forcé du sud), il n'y a rien à se mettre sous la dent, sinon les sempiternelles histoire de coeur de trois adolescents attardés.

Un épisode à la Walking Dead dans sa structure, creux jusqu'aux 5 dernières minutes qui font enfin avancer le schmilblick.

Sinon, niveau mise en scène, on a parfois l'impression de mater France 3 région un soir d'élection. C'est tristounet.

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EPISODE 6

«Le vrai pouvoir, il se donne pas, il se prend. J'vais t'arracher Marseille des mains» Ben mince alors, une bonne punchline...

Un épisode qui porte bien son nom. Sans pitié, son écriture l'est réellement. Emboîtant le chemin de sa fille gratinée (qui passe de journaliste à conseillère politique en l'espace d'une demi-journée), c'est maintenant la mère qui déraille. Marseille, c'est un peu la foire à tout. On prend des personnages et on leur fait faire n'importe quoi, du moment que ça fait du rush.

En bref, rien de neuf sous le soleil, petit à petit, le show creuse sa propre tombe, d'épisode en épisode, la cohérence implose, jusqu'à devenir accessoire. Encore deux épisodes pour boucler l'affrontement politique, le pire est certainement encore à venir.

Niveau mise en scène, c'est toujours le désert.

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EPISODE 7

«Maman ... j'ai perdu mon amoureux.»

Il était pourtant difficile de surclasser dans le médiocre le personnage le plus miséreux de Marseille, à savoir la fifille à son papa, journaliste à ses heures, directrice de campagne pendant son temps libre, qui jusqu'ici grattait la palme de la pire partition haut la main. Et bien, accrochez-vous, sa mamounette, et c'est certainement l'intinct maternel qui parle, décide de prendre sa place sous les jets de pierre, non sans un certain talent, ainsi qu'une aide précieuse en la personne de Dan Franck, scénariste de la démesure et de l'incohérence sous toute ses formes.

Avec cet épisode, Marseille s'enterre définitivement. Une pensée tout de même pour les deux pauvres diables qui tentent de sauver les meubles. Magimel et Depardieu continuent de se donner, mais les pauvres ne sont plus suivis par personne.

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EPISODE 8

«J'ai glissé dans ma vie»

C'est pas peu de le dire, très chère ! Un épisode somme de la série, meilleur que le précédent, loin des belles fulgurances du second, mais qui comme pour tous les autres, manque cruellement de poigne. En témoigne son dernier quart d'heure dénué de toute prise de position, qui fait mine de désamorcer la plupart des trames parallèles alors que le duel entre Magimel et Depardieu, le seul intérêt de 7 longues heures d'antenne, au lieu d'atteindre son apogée, de livrer les étincelles promises, prend fin dans le néant, finissant de faire de Marseille un pétard rincé comme on en a rarement vu. Le pire étant que la conclusion de toutes ces vaines frasques reste volontairement ouverte pour laisser la place à une seconde saison. Faudrait peut-être pas pousser mémé dans la bouillabaisse, hein.

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Bilan : je raccroche le casque sans regret, mais terriblement déçu. Prions pour que le massacre s'arrête là.

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