Bagarre de cours d'école.

Avis sur Marseille

Avatar Boubakar
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Quand Netflix est arrivé en France en 2014, la société voulait prouver sa bonne foi en produisant une série dans notre langue. Près de deux ans plus tard, le résultat est là, et il s'agit de Marseille, avec la réputation d'un House of cards à la française, et ça n'est pas ça du tout.

Car plus de politique, il s'agit en fin de compte de la lutte entre le maire sortant de Marseille et celui qu'il avait désigné au départ comme son successeur. Comme je le disais, on sait en fin de compte très peu de choses sur la politique en elle-même, car ce ne sont avant tout que des crasses que se livrent les deux hommes, entre secrets de famille et meurtre, en passant par du sexe, du sexe, et beaucoup de sexe.

Autant être direct et dire que Marseille n'est pas une bonne série, on est même à deux doigts de la catastrophe industrielle. On peut penser à House of cards ou aux Hommes de l'ombre (la précédente série de l'auteur, Dan Franck), mais sans vouloir caricaturer, nous sommes plus proches d'un Plus belle la vie version électorale. Car on doit compter 1872 coups de théâtre, dont certains ahurissants de connerie, et des incohérences à la pelle, mais j'y reviendrais plus tard.
Les deux candidats à la mairie de Marseille sont joués par Gérard Depardieu, et un très très très très mauvais Benoit Magimel. Si Gégé s'en sort plutôt bien, lequel n'est pas aidé par des dialogues ridicules, Magimel est atroce en se forçant à prendre l'accent méridional, tout en sueur, et qui fait un malin plaisir à exhiber son torse glabre, tout en n'oubliant pas au passage de se taper tout ce qui peut être féminin. On trouve également Géraldine Pailhas, Hippolyte Girardot, et Nadias Farès qui se contente, sous prétexte d'aider politiquement Magimel, de faire la pute, ni plus ni moins.

Aurais-je oublié de vous dire que le sexe est très présent dans la série ? C'est souvent balancé l'air de rien, du genre une levrette sur un balcon donnant la vue sur Marseille, ou alors l'actrice (Stéphane Caillard, sosie officielle de Laure Manaudou) qui joue la fille de Gérard Depardieu, laquelle n'est pas avare de ses charmes. Ou alors les dialogues très raffinés à base de queue, de branlette, de sodomie, ou autres injures se situant sur la partie inférieure du corps.

Ce qui revient à parler des dialogues qui sont là aussi épouvantables ; franchement, Gégé dire que "J'aime bien quand ta copine baise beaucoup" à sa fille, car grâce à ça, ils se voient plus souvent, ou encore "A part ma queue, qu'est-ce que tu veux ?" sans oublier Magimel qui demande à une taupe concernant une information sur Depardieu, si elle a dû sucer pour lui confirmer !
J'arrête là, car ça pourrait continuer des plombes, mais toute la série est du même tonneau concernant les dialogues, et le scénario qui se devine des kilomètres à l'avance, surtout si on voit très vite qu'ils y a quelques similitudes entre Gérard Depardieu et Benoit Magimel qui se voient comme le nez au milieu de la figure. Quelqu'un comme Patrick Rotman, qui connait bien le milieu de la politique, aurait sans nul doute apporté une certaine véracité à l'ensemble.

Quant aux incohérences .... la fille qui devient journaliste à La Provence en deux temps trois mouvements, et qui ne travaille quasiment jamais, sauf son corps avec son copain ? Ou cette pauvre fille qui arrive à se téléporter à Rennes aussi vite que Songoku et son déplacement instantané ?
La prise de drogues de Depardieu (dans la série !) et personne n'a RIEN remarqué d'anormal durant ses vingt ans à la mairie ?
Par contre, niveau réalisation, si les plans aériens de la ville sont très beaux, le tournage en DV se voit vraiment, apportant un sale grain à l'image. Pas de miracle pour les deux réalisateurs, Florent Emilio-Siri et Thomas Gilou, qui ne peuvent faire que du plan-plan. Allez, j'admets bien le plan-séquence au Stade Vélodrome au départ, ainsi que quelques plans qui travaillent le fond, mais c'est très générique.

Quant à la musique, on note la présence d'Alexandre Desplat, mais ça n'est que sur le générique de début, qui est une des meilleurs choses de la série, vraiment classe, et rappelant un peu ... House of cards !

Très honnêtement, j'avais un a-priori favorable sur la série, en tenant compte du casting, des réalisateurs, mais j'ai dû me rendre à l'évidence : ça n'est pas bon du tout.
Grossièreté des dialogues, acteurs en roue libre... Marseille n'apporte rien de plus du niveau lambda des séries françaises. Là, on assiste plus à une bataille de sales gosses qui se balancent des gros mots, pas plus.
A priori, le final ne laisse pas penser qu'une suite arrivera, et j'ai envie de dire, tant mieux !

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