Alors c'est un black, une alcoolique, un riche et un aveugle qui se retrouvent à New-York

Avis sur Marvel's The Defenders

Avatar Brooce
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Non, ce n'est pas le début d'une blague raciste de Tonton Roger après son 9ème verre de Côtes-de-Provence lors du repas de famille du dimanche, mais bien le début d'une série pleine de promesses : Marvel's The Defenders. Après le sublime Daredevil, une Jessica Jones très bonne (huh huh) notamment grâce à David Tennant, le divertissant Luke Cage et le trop léger Iron Fist... Bah les 4 en même temps en fait.

Si vous n'avez pas vu les saisons de chaque protagoniste, le speech initial est un spoiler. Mais pourquoi regarder The Defenders quand on n'a pas vu le reste? Danny Rand et Colleen Wing sont sur les traces de la Main, depuis la chute de K'un-Lun, et leur enquête les mène du Cambodge à... New-York ! Étonnant non? Pendant ce temps, Matt Murdock a abandonné le costume rouge pour la cravate à plein temps, Jessica Jones picole et Luke Cage sort de son séjour à Seagate. Bien entendu, nos héros vont se retrouver dans un but commun : affronter cette organisation criminelle qu'est la Main.

Sur un fond d'Avengers, Netflix réunit donc ses séries phares Marvel ensemble pour 8 épisodes très attendus (dont moi). Comme une majorité de personnes, je n'ai pas été comblé par les aventures des héros Marvel, notamment Iron Fist qui m'a laissé un fort goût d'inachevé dans la bouche. Alors : que peut-on dire de cette réunion peu orthodoxe?

Primo :
Les scènes d'introduction des personnages sont sobres mais efficaces (une fois encore, quand on connaît leur histoire, mais je partirai du principe qu'on les connaît) et permettent rapidement de fixer les bases de la série. L'ambiance est plutôt légère, sympathique. On voit où en sont arrivés les protagonistes depuis la fin de leurs séries respectives de façon claire mais suffisamment évasive : on sait qu'ils vont se retrouver (sans déc?) mais comment?

"People call me Foggy." "And you let them?"

Grand B :
Le générique est superbe. Tout en réunissant le cast sous forme des rues de New-York, avec un thème colorisé propre à chacun, et juste dans son ensemble. Je l'ai trouvé proche de celui de Daredevil, d'où mon coup de cœur. Décidément, Netflix fait du bon travail dans ses génériques Marvel.

Petit 3 :
Entrons maintenant dans le vif du sujet. Comme on peut s'y attendre, l'intrigue manque de complexité dans la mesure où tout est plus ou moins prévisible. Cette réunion de personnages opposés qui doivent s'entraider n'est pas le scénario le plus original, mais franchement, peu importe. Le format court de la série permet, en ce sens, une narration simple mais efficace marquée par des transitions au rythme de la vie new-yorkaise (pas top). Une fois les 4 mousquetaires réunis, on a droit à quelque punchlines adroites (mais faciles) qui, là encore, collent aux personnages.

Number four :
Parlons-en, des personnages.
Concernant les gentils de l'histoire, on pourrait simplement les caractériser par le fait qu'ils restent fidèles à leur série d'origine. Nous constatons que la détective aime toujours autant l'alcool qu'elle s'en bat les ovaires des gens, mais pas trop quand même, tandis que notre ex-taulard ne pense qu'à faire de Harlem un meilleur endroit. Danny Rand veut poursuivre son combat contre la Main et Matthew Murdock est toujours hanté par son passé. Pour autant, chacun sort grandi de sa rencontre avec les trois autres. Malgré eux, ils parviennent à gagner en maturité, à voir au-delà de leurs convictions.
Deux conversations ont été révélatrices de cela pour moi, et assez en parallèle selon moi :
Le dialogue entre Luke et Danny sur le fait que l'Iron Fist n'est pas la seule arme à disposition d'un milliardaire est le premier exemple : les deux personnages sont diamétralement opposés et pourtant (heureusement, car c'est chiant que chacun campe toujours sur sa position) arrivent à se remettre en question. J'ai surtout aimé la relation entre Jessica et Matthew, elle qui s'est renseigné sur les origines du démon cornu. On repart dans son passé sombre (chose que j'adore) et cela permet d'ôter un peu des nombreux doutes présents dans la tête de Daredevil. Ces deux duos sont vraiment agréables à suivre au cours de cette saison, et leur pertinence fait mouche.
Cependant, l'intrigue sert surtout au développement des personnages de Daredevil et Iron Fist, les deux autres n'étant pas les plus concernés par la Main dans leur histoire d'origine.

Number four et demi :
Pour les vilains, Sigourney Weaver est vraiment sympathique. Inconnue au bataillon des séries précédentes, elle joue bien son rôle d'antagoniste principal. Les autres gros bonnets de la Main (c'est quoi cette expression...) sont déjà connus du grand public,

à part Sowande

ceci gagne du temps dans l'introduction et dans le développement des ambitions de l'organisation. Elektra se voit accorder plus d'importance dans The Defenders, ce qui permet de mieux apprécier le personnage. Bien qu'attendue, sa relation avec Matthew est agréable à suivre puisqu'on ne peut pas savoir quelle en sera la fin

quelle fin d'ailleurs, je dois avouer que j'étais dans le doute...

La série manque cruellement de développement au niveau des antagonistes cependant : la Main est une organisation criminelle séculaire, et ne présente pour autant pas tant une menace qu'elle ne devrait. Pour des mecs présents partout, depuis toujours, ils sont assez nazes faut se le dire. Les représentants de la Main ne sont que de pâles adversaires, et ne semblent exister que par rapport à leur relation avec les héros qu'ils ont déjà affronter.

Le personnage d'Alexandra est bien vite expédié d'ailleurs

Enfin, il y a un manque de justice pour les personnages secondaires. Là où Stick (le connard qu'on adore détester) se taille la part du lion, d'autres comme Foggy se font discrets malgré des apparitions pertinentes. Le problème est que le reste du cast finit par ennuyer. Colleen et Claire servent de tampon, et Trish ne sert concrètement à rien.

Conclusionnons :
Loin d'être exceptionnelle, Marvel's The Defenders est une série divertissante sur le fond comme sur la forme. Les scènes de combat sont bien filmées, les plans sympathiques (sauf les transitions des premiers épisodes, ça met mal à l'aise) et l'intrigue parfois simpliste se laisse bien suivre et se permet des rebondissements. On retrouve avec plaisir les personnages Marvel qu'on a plus ou moins apprécié, avec des a priori qui restent. Pour ma part, j'aime toujours autant Daredevil, les autres sont cools, mais moins intéressants pour moi. The Defenders est réellement un condensé des quatre séries propres à ses héros, réussissant à en tirer du bon, mais pas que. Netflix aurait pu se casser la gueule avec cette série, ce n'est pas le cas. Après la déception d'Iron Fist, les Defenders remontent la pente et il faut espérer que The Punisher nous en mettra plein la vue.

"I’m glad we found each other." "I’m not hugging you."

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