Ma deuxième partie de soirée fétiche

Avis sur New York, Unité Spéciale

Avatar NicodemusLily
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New York : Unité Spéciale, c'est une série que j'ai découvert un peu par hasard. Toujours diffusés en deuxième partie de soirée compte tenu des sujets traités, toujours diffusés dans le désordre le plus complet, ce sont des épisodes que je suis dès qu'ils apparaissent sur mon programme télé (même s'ils m'obligent à me coucher tard). C'est néanmoins une série que je n'achèterai pas en DVD - contrairement à sa consoeur de la Section Criminelle - pour diverses raisons : la dureté de certains épisodes (qui fait que le visionnage ponctuel reste la meilleure méthode pour ne pas se dire qu'on ferait mieux de rester chez soi), l'absence de fil rouge (la plupart des enquêtes sont bouclées en un seul épisode - même s'il existe des passerelles avec les autres séries de Dick Wolf - et les histoires personnelles des inspecteurs sont peu mises sur le devant de la scène) et la longueur de la série (plus que de devoir me payer de nouvelles étagères, il faudrait surtout qu'on me paie des nouveaux murs pour les accrocher).

A première vue, ça n'a pas l'air d'être la série du siècle et, à dire vrai, je ne pourrais pas vous donner tort. Cette série n'est pas extraordinaire mais j'estime qu'elle mérite le coup d'œil. Il est ici question de violences sexuelles à tous les niveaux : sur des enfants, des adultes et même des personnes âgées. Tous les cas y passent, avec quelques redites parfois mais, vu le nombre d'épisodes, quoi de plus normal. Cependant, tout est traité sans aucun voyeurisme (il est extrêmement rare de voir un acte sexuel et, si c'est le cas, c'est souvent entre deux adultes consentants). Ca n'enlève cependant rien à l'horreur de certains crimes et il n'est pas exceptionnel d'avoir la boule au ventre. D'autant plus que tous les épisodes ne se terminent pas bien (j'aurais même tendance à penser que les résultats sont assez équilibrés), ce qui tend à renforcer la crédibilité de la série et rajoute ainsi ce qu'il faut de suspens pour que le spectateur ne zappe pas dès l'arrivée du générique.

De plus, c'est une série avec une équipe - nombreuse - que j'apprécie beaucoup malgré un certain turn-over. Quelques personnages sont là depuis le début : Benson, Kragen, Munch et Stabler ; tandis que d'autres ont rejoint le circuit en cours de route : Odafin (mon préféré), Lake (pour les enquêteurs), Wang et Warner (pour les médecins), puis une petite brochette d'avocates dont Novak sort grande gagnante (parce que présente plus de temps que les autres). Si, à la base, les quatre premiers figuraient seuls au générique malgré la présence d'autres inspecteurs (Cassidy notamment), leurs collègues vont prendre suffisamment d'importance pour apparaître à leurs côtés (Tamara Tunie, qui joue la légiste, verra son nom inscrit aux côtés des autres assez tardivement ceci-dit) et avoir des épisodes où ils sont seuls maîtres à bord. Et j'ai envie de dire que c'est tant mieux parce qu'ils sont tous différents - que ce soit dans leur manière d'être ou d'agir - et il est donc intéressant de les voir chacun piloter leur bateau.

Chacun à sa propre histoire (certains viennent de la classe moyenne quand d'autres débarquent du ghetto), sa propre sensibilité (la mère de Benson a été violée, Stabler, croyant, est père d'une famille nombreuse composée essentiellement de filles, etc.) et son caractère (Stabler et Odafin peuvent être assez violents, là où Munch est généralement dans la retenue la plus totale) ; ce qui aboutit souvent à des frictions entre les protagonistes lorsque des cas sensibles se présentent à l'équipe. Tous ne sont pas toujours d'accord sur le ou les suspects, sur qui a tort qui a raison, sur les décisions de justice et ainsi de suite. La série amène ici le spectateur à avoir sa propre réflexion sur les cas présentés (au point même qu'il existe un épisode où ce sont les spectateurs qui ont joué le rôle du jury : le résultat des délibérations étant annoncé au moment du générique de fin).

L'absence de fil rouge - qui pourrait déplaire à certains - permet essentiellement de regarder les épisodes dans le désordre sans être complètement perdu, ce qui n'est pas plus mal pour une série à savourer de manière très ponctuelle. Néanmoins, on aimerait parfois que les scénaristes s'étendent davantage sur les conséquences de telle ou telle enquête dont la fin tragique devrait laisser, en toute logique, des séquelles sur l'équipe. Un point qui fait perdre une étoile à la note finale.

A noter que beaucoup d'acteurs célèbres interviennent dans les différentes saisons : Robin Williams dernièrement, mais aussi Sharon Stone (dans plusieurs épisodes) et Isabelle Huppert. On y retrouve également des acteurs en provenance d'autres séries : Mark Moses et Cody Kasch (vus dans Desperate Housewives). Les deux New York (Section Criminelle et Unité Spéciale) vont même jusqu'à s'échanger leur casting. Bref, y'a du passage et ils sont excellents, y compris les enfants présents en de nombreuses occasions.

Dernier point que j'apprécie beaucoup : tous les acteurs permanents ne sont pas des bombes sexuelles en puissance (ce qui est malheureusement trop souvent le cas dans les séries actuelles, gênant le spectateur dans son identification aux protagonistes). Si on écarte Benson et les avocates, les autres ressemblent globalement à monsieur et madame tout le monde. Et ça, ça fait plaisir.

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