Je ne vais pas répéter le même chapitre qu'on peut lire partout : Sherlock la série c'est Dr House en mieux, en plus condensé, en plus cinéma, avec la petite caution littéraire qui va bien, des seconds rôles pas trop tartes... Bref, c'est pareil en mieux, mais ça, c'était avant le drame...
LE FLIP FLOP DE MARY (S3E2).
Parce qu'à partir de ce gros foutage de gueule scénaristique, t'as beau attendre tes 3 épisodes annuels tel le Parisien ses 3 cm² de terrasse ensoleillée au printemps venu, tu sens bien qu'ils ont essoré le processus et qu'ils s'agrippent à nos deux penchants coupables : l'attachement aux personnages chelous et l'addiction aux twists.
Non je ne parle pas du twerk à papa ni de l'immonde mariage du sirop de citron et de la mauvaise bière, mais bien de ce perpétuel besoin de rebondissement tapis au fond de tout fan de séries.
Pour s'évader d'un quotidien morne et prévisible, Holmes se tape de la morphine, nous on se tape des twists, voire des cliffhangers, même les plus artificiels. Jusqu'au jour où le scénar va chercher si loin dans l'imprévisibilité et sa récurrence que la cohérence s'effondre, transportant les personnages que l'on aime et notre désir de connaître la suite dans un décor de théâtre tout pourri, nous rappelant notre petite place de drogués dans une industrie télévisuelle hautement concurrentielle.
Et puis l'amour des personnages, parlons-en. Sherlock, House, Dexter, ou n'importe quel autre personnage intelligent, mystérieux et moralement douteux, même combat : sur la longueur les scénaristes n'auront à cœur que de les humaniser, les normaliser, justifier leur bizarrerie et leurs méfaits au regard d'un monde policé, enfin bref, les rendre chiants. J'irai même plus loin : les empêcher de questionner le spectateur sur sa propre morale, ses valeurs et sa normalité.
Ceci dit ils les enfonceraient dans l'immoralité la plus vide de sens pour faire le spectacle que je râlerais pareil.