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Le harceleur m'étale

Avis sur Stalker

Avatar SanFelice
Critique publiée par le

Vous vous sentez observés, épiés ?
Vous sentez des yeux malveillants sans cesse posés sur vous ?
Dans toutes les circonstances ?
Quel que soit le lieu ?
Vous vous sentez obligés de vérifier cinq fois que votre porte est bien verrouillée ?
Vous pensez que vous allez bientôt installer une alarme dans votre maison ?
Vous pensez que votre vie est espionnée ? Votre téléphone écouté ? Votre courrier lu ?
Vous croyez apercevoir des ombres au loin, dans les coins reculés de votre champ de vision ?
Vous vous sentez menacés ?
Vous craignez pour votre vie ?
Vous ne savez pas à qui vous adresser ?
Tout le monde vous paraît menaçant ?

Tout cela est parfaitement normal, Mr. Williamson.
Nous avons déjà des suspects.
Plusieurs millions, pour être exact.
Ce sont les spectateurs de votre série Stalker.
Des spectateurs qui ont décidé de passer à l'action.
Faut dire que vous ne les avez pas ménagés : vous les avez alléchés avec une série "angoissante", "palpitante", et tout et tout.
Résultat : l'ensemble est d'une telle banalité que tous les effets s'écroulent.
Faut dire aussi que ces mêmes effets ont la subtilité d'une colonne de chars d'assaut et l'originalité d'une chanson de Shy'm (je sais, les mots "chanson" et "Shy'm" ne vont pas bien ensemble).
Donc, pour faire peur : il faut que ce soit la nuit, que la personne soit seule chez elle, ou seule dans la rue, ou n'importe où tant qu'elle est seule. Elle éprouve le besoin pressant de consulter son téléphone ou d'appeler quelqu'un. On aperçoit une ombre au loin (mais pas très loin quand même, parce que sinon on ne la voit pas). La musique angoissante fait son apparition. Le personnage, d'abord insouciant, commence à avoir peur ; bientôt elle hurlera comme un cochon assistant à un concert de Céline Dion. Une petite apparition surprise genre jump-scare et le tout est dans la poche ! Il reste plus qu'à mettre le titre de la série, en rouge sanguinolent sur fond noir ténébreux. De la subtilité, vous dis-je !
Et puis, avouez-le, Mr. Williamson : vous avez voulu faire une série avec juste le scénario d'un seul épisode ? Avouez qu'on a rarement eu autant l'impression que tous les épisodes se ressemblent ! car tout se répète d'épisode en épisode, inlassablement (du moins, inlassablement pour vous, parce que nous, de notre côté, on commençait à souffrir). Au point que ça en devient un jeu : qui découvrira le criminel le plus tôt ? ça marche à tous les coups...
Doit-on mentionner les personnages principaux sans la moindre consistance ? Ces concentrés de banalité pour scénariste sans idée ?
En fait, je ne sais trop quelle raison invoquer pour justifier votre harcèlement, tant elles sont nombreuses.
La seule chose qui explique que vous soyez encore en vie, c'est une ultime hésitation : êtes-vous nuls (dans ce cas-là ce serait presque pardonnable) ou aviez-vous vraiment l'intention de vous moquer de nous ?

Pardon ?
Vous mentionnez l'existence de Perry ?
Certes, c'est bien le personnage qui va nous donner les quelques minutes intéressantes de la première et ultime saison de Stalker. Un malade qui va poursuivre l'héroïne (laquelle est interprétée par Maggie Q) d'épisode en épisode. Pas toujours un sommet de subtilité lui non plus, mais il constitue, de loin, ce qu'il y a de meilleur dans la série.
Sauvé par un détraqué sexuel.
J'espère que vous n'êtes pas fier de vous, Mr. Williamson...

[si vous voulez une vraie critique, viendez me lire ici : http://www.cineseries-mag.fr/stalker-une-serie-de-kevin-williamson-critique/ ]

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